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puce Les Années 50 - La mode en France 1947-1957
Palais Galliera  (Paris)  Du 11 juillet au 2 novembre 2014

Avec plus d'une centaine de modèles et accessoires exceptionnels relatifs à la mode des années 1950, le Palais Galliera propose de prendre la mesure de l’évolution de la silhouette féminine de 1947 à 1957.

Son directeur, Olivier Saillard, qui assure le commissariat général de l'exposition intitulée "Les Années 50 - La mode en France 1947-1957" avec la collaboration pour le commissariat scientifique de Alexandra Bosc, conservateur du patrimoine, présente cette période comme l’âge d’or de la haute couture française.

Placeé sous une double synergie, une renaissance, Paris regagne son titre de capitale mondiale de la mode obtenu à la Belle Epoque, et l'émergence du prêt-à-porter, cette décennie " miraculeuse" est initiée et ordonnée par et autour d'un couturier, Christian Dior, et la nouvelle silhouette dessinée en 1947 pour sa première collection.

Elle s'achèvera avec sa disparition en 1957 qui coïncide avec la rupture stylistique introduite par des couturiers dont certains, tels le confirmé Pierre Cardin et le jeune Yves Saint-Laurent, ont été formés à son atelier.

Les Années 1950 : retour vers le passé

Dans la scénographie de l'architecte Julie Boidin, mur ruban et enfilade d'ilots à la rigueur géométrique et un monochrome gris, et vitrines dans des galeries latérales pour la lingerie et les accessoires, les modèles se déploient selon le déroulé chronologique de la journée.

Car la garde-robe de l'élégante se doit de comprendre un rigoureux éventail de toilettes journalières : à chaque heure et événement de la vie, mondaine bien évidemment, doit correspondre la tenue appropriée.

Une tenue qui est régie par la silhouette "Sablier" imaginée par Christian Dior et encensée par Carmel Snow, la très influente rédactrice en chef de Harper’s Bazaar dont dépendait la renommée des grands couturiers de l'époque, qu'elle baptise "New Look", qui va enflammer les esprits et s'imposer aux élégantes.

Elle se caractérise par une poitrine marquée, une taille de guêpe, des hanches arrondies et de longues jambes fuselées qui inspirera la fameuse poupée mannequin Barbie créée en 1959.

Ce qui implique un véritable harnachement de contention avec le retour en force de la corseterie.

Au soutien gorge "pigeonnier", à la guêpière baleinée et à la gaine "basculante", destinés à façonner le buste à la manière du busc du 18ème siècle s'ajoute le jupon inspiré du tutu des ballerines pour soutenir la jupe "Corolle" version allégée de la tournure qui soutenait la crinoline du 19ème siècle

Car l’avènement du "New Look" est une vraie fausse révolution puisqu'elle opère un évident rétro-pédalage. Alors que depuis le début du 20ème siècle, la femme s'émancipe d'une silhouette embrigadée, les années 1950 sonnent le glas de la garçonne des Années folles aux cheveux courts, mince et longiligne, au corps libre, dévoilant ses jambes tout en adoptant le pantalon et du glamour moulant des années 1930.

Après la période de guerre, la femme en quête de féminité et de frivolité rentre dans le rang et doit réinvestir le carcan fantasmatique de l'idéal féminin tel qu'il résulte des canons esthétiques classiques réinvestis par les couturiers.

C'est la période faste des couturiers mousquetaires, Pierre Balmain, Jacques Fath et Jacques Heim dont Christian Dior est le d'Artagnan, qui vont définir la mode qui doit être portée par "la Jolie Madame" et la Jeune parisienne chic". Et même un cinquième, Balenciaga surnommé "l'architecte de la mode"; qui fait un peu bande à part avec son style "Tonneau".

Pour le jour, le vêtement de prédilection est le tailleur avec la jupe "Crayon" qui ne permettant guère de fantaisie, nonobstant la jupe "à surprise" de Jean Patou, celle-ci se reportant sur le travail de la veste, dans une gamme sombre des gris-noir peu ou prou héritée de la décennie précédente.

Mais tailleurs et manteaux ne peuvent rivaliser avec la pièce maîtresse qu'est la robe, symbole de féminité.

Elle envahit la garde-robe de la robe du jour à la robe grand soir en passant par la robe pour le thé, la robe à danser, la robe de gala et la robe de petit soir, la liste n'étant pas exhaustive.

Parmi elle, une novation, la robe de cocktail, création au destin éphémère qui inspire particulièrement les couturiers. et restera l'emblème de "l'esprit couture" qui distingue cette période.

Point d'orgue, la robe de "grand soir" qui se décline sous forme alternative.

Remporte presque tous les suffrages la robe du soir "New Look" façon Sissi impératrice, rehaussée de broderies, dentelles, sequins et mignardises, tels les modèles "Marivaux" et "Soirée Galante" de Dior et "Antonia" de Balmain, rivalisant dans la transposition "moderne" des fastes d'antan avec moult taffetas et satin joutant avec le tulle et la mousseline.

En outsider, la robe fourreau, rescapée du glamour hollywoodien des années 1940, défend son pré carré avec les maîtres du drapé et du plissé que sont Jean Dessès, le roi du "lasso" pour façonner ses robes "chrysalides" et Madame Grès avec ses célèbres drapés d'inspiration antique.

Cependant, à côté de la planète Dior, des électrons libres, et hormis Balenciaga surnommé "l'architecte de la mode" et son style "Tonneau", des femmes, font de la résistance.

Des couturières rebelles, marginales ou dissidentes, les doyennes qui ont impulsé leur style bien avant la seconde guerre mondiale, au premier rang desquelles la septuagénaire Mademoiselle Chanel, chantre de la tenue "unique" avec son fameux tailleur droit et strict.

Ce sont également les derniers feux de l'extravagante Elsa Schiaparelli et le festival des couleurs de Jeanne Lanvin assuré par Antonio Canovas de Castillo.

L'exposition permet également de découvrir le raffinement des accessoires qui se doivent d'accompagner chaque tenue, les tenues plus décontractées pour les villégiatures et, surtout, les créations des couturiers réputés en leur temps - plus des deux tiers des griffes existant en 1946 - ignorés du grand public contemporain pour avoir disparu à l'aube des années 1960.

A la fin des années 1950, naît le prêt-à-porter de création et sonne le glas du temps du "Sablier".

Actionnée par les fantassins de la mode, Pierre Cardin et sa robe bulle et sa jupe pétale, Hubert de Givenchy et sa silhouette "Sack" et Yves saint-Laurent et sa collection "Trapèze", la rupture stylistique est en marche. Mais ceci est une autre histoire.

Cette exposition se poursuit en images avec le cycle "Les Années 50 au cinéma", proposé par le cinéma Le Grand Action, comportant 16 films français et étrangers, projetés les vendredis à 20h, témoins du regard porté à chauf sur la mode de cette époque.

 

En savoir plus :

Le site officiel du Palais Galliera

Crédits photos : Pierre Antoine
avec l'aimable autorisation du Palais Gallliera


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