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Théâtre de Belleville  (Paris)  mai 2016

Comédie dramatique de Martin Sperr, mise en scène de Pénélope Biessy, avec Ariane Blaise, Elsa Boyaval, Marthe Fieschi, Lisa Kramarz, Martine Legrand, Paul-Frédéric Manolis, Laurent Prache et Jérôme Wirtz.

Longtemps "Scènes de chasse en Bavière" a été célèbre grâce au film puissant de Peter Fleischmann. Sorti en 1969, contemporain des premiers films de Fassbinder, de Volker Schlöndorff et de Werner Herzog, il a marqué le renouveau du cinéma allemand.

Dans le film, le drame se passait dans les années 1960 et l'histoire de cet homosexuel traqué par les bons citoyens bavarois se lisait comme une critique de la RFA dominée par la bien-pensance démocrate-chrétienne et mal guérie de son frais passé nazi. L'acteur principal du film, âgé de 23 ans, jouant Abram l'assassin traqué, n'était autre que Martin Sperr l'auteur, trois ans plus tôt, de la pièce dont s'inspirait Fleischmann.

En revenant à ce texte, grâce à la version proposée par Pénélope Blessy, on s'aperçoit que Sperr avait situé ses "Scènes de chasse" en 1948, ce qui change forcément le contexte et les enjeux.

D'abord, au lieu d'être contemporain du bouillonnement fassbindérien influencé par la Nouvelle Vague et par les expériences théâtrales pré et post soixante-huitardes, le travail de Martin Sperr se lit et se voit comme un exercice d'un jeune auteur doué fortement influencé par Brecht. Chacun des nombreux personnages est dès lors porteur d'une parole sociale.

Ensuite, ce retour à l'immédiat après-guerre fait évoluer "Scènes de chasse en Bavière" vers une description d'une Allemagne occupée pas encore formellement divisée en deux entités, une "Allemagne année presque zéro" où la vie est difficile, voire chaotique.

Dans un décor unique, censé figurer la cour d'une ferme, un décor encombré d'objets rustiques comme une auge pour laver la vaisselle ou un pneu suspendu à une corde, cohabitent et s'interpellent de nombreux protagonistes. Discours triviaux, propos exprimant rancoeurs et souffrances se succèdent.

Dans une atmosphère empreinte de religiosité catholique propre à la Bavière, on y sent chez tous la recherche confuse d'un bouc-émissaire, d'une explication commode de tous les malheurs qui frappent les survivants de l'après-guerre. Est-ce que ce sera la prostituée, le simple d'esprit ou l'homosexuel ? Martin Sperr construit patiemment le piège qui va se refermer sur Abram.

Chacun va y prendre sa part dans cette communauté qui n'existe plus que négativement, face au mal dont elle n'est que l'ultime réplique après le tremblement de terre nazi. Pénélope Biessy a bien perçu cette importance du collectif. Sa direction d'acteurs, parfaitement bien distribués, crée l'effet choral attendu et peu à peu, la tension monte inexorablement.

La fatalité finale est parfaitement rendue. Sans doute la fluidité de la pièce est-elle entravée par la nécessité de faire jouer à chacun de ses sept comédiens plusieurs rôles.

Si l'on accepte un parti-pris naturaliste qui aboutit à la construction de personnages bruts, plus manichéens que complexes, on adhèrera à cette vision volontairement datée de "Scènes de chasse en Bavière".

D'un texte difficile et pas évident à monter, Pénélope Biessy tire un travail cohérent, certes noir et désespérant, mais qu'elle sait mener à bon port en évitant l'écueil du mélo.

 

Philippe Person         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
"Le cartographe des absences" de Mia Couto
"Le coeur ne cède pas" de Grégoire Bouillier
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