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puce Et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois
Théâtre Paris-Villette  (Paris)  juin 2021

Spectacle écrit par la Compagnie Légendes Urbaines, mise en scène de David Farjon, avec Samuel Cahu, Magali Chovet, David Farjon, Sylvain Fontimpe, Ydire Saïdi et Paule Schwoerer.

Tout à la fois enquête, fiction, et démonstration argumentée, "Et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois", dernière création de la Compagnie Légendes Urbaines, reprend les thèmes de prédilection chers à la troupe.

Dans ce nouvel opus le collectif s’attache en effet à explorer la manière dont la banlieue est représentée et mise en scène dans notre société et plus largement décortique les mécanismes de création narrative, journalistiques mais également théâtraux, ainsi que l’influence des mythes communs et le pouvoir des symboles et du langage sur nos perceptions.

Mêlant tout à la fois images d’archives, jeu théâtral, débats d’idées, exposés argumentés et témoignages des comédiens jouant alors leur propre rôle, le spectacle, écrit collectivement sous la direction de David Farjon qui signe également la mise en scène, est construit en 7 temps, dont un prologue et un épilogue, et met en avant tous les éléments saillants permettant aux spectateurs de cheminer dans sa réflexion sur le sujet, avec pour point d’entrée le reportage, très connu et controversé de la journaliste Caroline Sinz, sur la place des femmes dans l’espace publique à Sevran.

Entrant alors dans les coulisses de la rédaction, démontrant l’aspect forcément partiel et manipulatoire d’un discours accolé à des images et s’interrogeant sur la moralité de la nécessaire réification qui s’adosse à tout récit, avec comme exemples tirés de l’actualité les personnages de Zyed et Bouna (les jeunes morts dans un transformateurs) ou encore Adama Traoré, les comédiens questionnent in fine tout processus de création, le leur compris, qui construit un récit et du sens à partir d’une certaine vision de la réalité.

Cette réflexion se double d’une enquête qui tente de remonter à la genèse du "mythe", c’est-à-dire de la représentation communément acceptée et diffusée de la banlieue, mettant en avant la couverture médiatique des évènements de la cité des Minguettes dans la banlieue lyonnaise de 1981, comme un acte fondateur, point de bascule entre une vision des grands ensembles comme objet de curiosité et modernité à celle actuelle, associée à l’immigration, au chômage de masse, aux activités illégales et à la violence.

En filigrane, se dessine un questionnement sur la relation entre journalisme et politique l’un étant sans doute un complément, un soutien, ou une conséquence de l’autre, sans trancher sur l’ordre dans lequel doit être envisagé cette articulation.

Grâce à un dispositif scénique élaboré imaginé par Léa Gadbois-Lamer, à la fois basé sur le mouvement - avec des praticables à roulettes, un écran s’ouvrant sur des persiennes - mais également sur la théâtralisation des coulisses de la création, puisque tout est présenté à la vue du spectateur (régie et outils du journalisme audio-visuel, accessoires, documents de travail, décors…) le plateau est à la fois un espace de jeu, de travail et de création.

Certaines scènes filmées, montées et diffusées en temps réel mettent en lumière la fascination exercée par les images télévisuelles qui accaparent l’attention du spectateur, et la différence sensorielle et intellectuelle qui existent entre le réel et sa représentation.

D’autres trouvailles comme le fait de filmer des objets servant ensuite de décor grâce à la projection sur écran, avec en particulier une grande maquette pliable d’un ensemble d’immeuble ou des petits accessoires comme une voiture miniature, permettent de mêler habilement réalité et image.

Les comédiens à l’adaptabilité et au naturel émérites interprètent les différents personnages évoqués, mais livrent également leur propre vision et histoire, passant successivement devant et derrière la caméra, mais également sur le plateau et dans l’espace de la réflexion ouvert par cette proposition.

David Farjon a tenu à les mettre tous tour à tour en avant : Magali Chovet dans prologue touchant, Samuel Cahu avec son personnage de Boule et son rap désopilant, Paule Schwoerer au bord des larmes dans son portrait à contrecourant de Zyed et Bouna, Sylvain Fontimpe interprétant avec tendresse son grand-père derrière son écran, Ydire Saïdi pour l’évocation des chants kabyles féministes et engagés qu’écoutait sa mère et bien sûr David Farjon lui-même (issu de la Génération Mitterrand) qui démontre avec sa propre expérience la manière dont le mythe a grandi avec nous et a influencé nos perceptions.

Bouillonnant d’idées et de créativité, alternant sans interruption les différents styles, propos et techniques narratives, le spectacle se perd parfois à vouloir trop en faire. On ne peut cependant que saluer la qualité du travail effectué, la richesse du propos et le questionnement salutaire qu’il pose sur un sujet brûlant, dans une société où l’impact des récits et des images n’a jamais été aussi fort.

 

Cécile B.B.         
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