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Interview  (Vêtre-sur-Anzon)  jeudi 10 juin 2021

C’est jeudi soir, sous un beau ciel bleu que j’ai eu la chance de rencontrer Alice Animal. J’adore son album Tandem dont je t’avais parlé ici même et lors de notre Talk curieux et culturel : La Mare aux Grenouilles, que tu peux voir sur Twitch, un samedi sur deux, de 18h à 20h. Mais là n’est pas le propos.

C’est une artiste passionnée et passionnante que j’ai eu la chance de rencontrer et je dois dire d’une patience d’ange. Je ne m’étendrai pas sur la question, mais la technique et moi, ben ça fait deux.

Voici donc de quoi découvrir encore plus cette artiste complète et très talentueuse !

Est-ce que tu peux te présenter ?

Alice Animal : Oui je le peux ! On est plusieurs à l’intérieur, tu sais !

Alice Animal : Je m'appelle Alice Animal ce qui est tout un projet en soi ! Je suis compositrice auteure, musicienne, guitariste électrique et je viens de sortir cet album Tandem qui me représente très bien, donc si on veut découvrir qui je suis, il faut l'écouter en fait ! Parce que je trouve qu'il porte bien mes multiples couleurs.

C’est pour ça que la question n’est pas si évidente que ça, je peux très bien dire : bon je suis auteure compositeur interprète ! On est plusieurs personnes chacun et pour en présenter toutes les facettes (c'est un peu une boule à facettes) et bien l'album c'est un bon premier pas !

Alors on va faire connaissance avec des petites questions pour mieux te cerner : si tu as le pouvoir de faire revenir sur terre un musicien décédé pour un concert, qui et pourquoi ?

Alice Animal : David Bowie ! Parce que lui en termes de pionniers multi-facettes et multi visage il est absolument incroyable et il a été chercher… Enfin il est parti dans des directions extrêmement différentes, il a fait des virages et s'est retrouvé à des carrefours, il a sauté les obstacles et il a une vie incroyable et quelle classe, quelle élégance quoi, ce dernier album là qui sort je crois le jour de sa mort. Jusqu'au bout il a été incroyable et quand je me plonge dans un de ses albums je me laisse aller parce que c'est fantastique, il t’emmène par le bout du nez.

Quel est ton album ou ta chanson feel Good ?

Alice Animal : Ça dépend des périodes. Tu sais il y a des titres qui font partie de la BO de ta vie et la vie est fragmentée. Si je réfléchissais en ce moment... qu'est-ce que je vais pouvoir te dire qu'est-ce que j'aime bien écouter en ce moment... je suis sur plein de trucs donc je dirais PJ Harvey en ce moment.

Quel est ton guitariste fétiche, celui qui est le meilleur ?

Alice Animal : La question est difficile aussi, il y en a tellement plein ! Il y a des moments où j'adore Jimi Hendrix, d'autres c’est Jeff Beck et d’autres St Vincent !

Je suis plus sur une période de femmes guitaristes électriques, c'est vrai que St Vincent (Annie Clark) me parle !

Comment tu composes, quelles sont tes sources d'inspiration ?

Alice Animal : C’est à chaque fois différent, chaque chanson a son histoire. La naissance de chaque chanson est propre à la chanson donc ça va être une rencontre avec un auteur qui va m'envoyer un texte et je fais la musique dessus, ou alors la musique existe déjà et je fais un yaourt et j'envoie à un auteur. Ça va être la musique et le texte qui vont se créer en même temps et qui vont se tirer la bourre pour aller jusqu'au bout de quelque chose et vont se nourrir l'un l'autre. Je n'ai pas d'habitude, pas de routine à ce niveau là et ça me va plutôt bien.

Tu vois j'ai fait mes capsules, j'ai des fragments, j'ai une façon de composer par fragments comme ça, de riffs, de mélodies que je garde dans des coins et du coup je peux très bien partir d’un riff. J'ai une façon de composer qui est très mélodique ou énergique. Donc le riff et la mélodie qui sont entrecoupées de silence, quelque chose de rythmique ou la mélodie de voix. Ça peut être d'abord la musique et à d'autres moments je vais avoir une phrase qui va venir et je vais la noter sur mon téléphone et à un moment donné les choses vont se rencontrer. Les processus sont extrêmement variés.

Est-ce que quand on compose son deuxième album, on essaie de rester sur la même ligne du début pour garder son public du départ ou on fait ce qui nous plaît ?

Alice Animal : La question est un peu biaisée par le fait que le premier album, qui est un album qui me plaît beaucoup et a été très important dans ma vie d'artiste, mon premier album en tant qu'Alice Animal et de mon label aussi, est un album qui n'est pas sorti officiellement !

C'est-à-dire que je l'ai enregistré mais c’est un album qui est resté assez confidentiel qui est disponible sur mon site web et à la fin des concerts (ndlr : je te le conseille vivement, je l’écoute en boucle depuis jeudi soir et la version vinyle picture disque est somptueuse).

Très très rapidement j’ai fait de la scène et la scène m'a fait comprendre que la direction devait être un peu différente, plus moi, plus root, plus brute, plus directe à tous les niveaux et ce premier album c'est plus un trait d'union entre ma vie d'avant et maintenant. Grâce au live j'ai trouvé en fait où je voulais aller donc du coup la question de garder la même ligne directrice ne se posait pas puisqu’il fallait aller ailleurs, en fait, plus loin. A partir du moment où j'ai j'ai pris cette peau d'Alice Animal les choses ont été très vite mais j'avais besoin de la scène et l'album a été enregistré avant de faire la scène.

Tu chantes mais tu n'es pas toute seule, est-ce que tu peux nous parler des musiciens qui t’entourent ?

Alice Animal : D’abord il y a Vincent Faucher à la basse, qui est le réalisateur de l'album, qui a été la personne importante que j'ai rencontré et qui a compris l’esprit, ce que je traduisais en mots et en quelque chose d'extrêmement brute c’est-à-dire guitare voix comment ça devait se traduire en arrangements (parce que je ne voulais pas faire un album solo, je veux dire juste guitare voix) je voulais vraiment qu’il y ait de la basse et de la batterie et donc lui a compris comment arranger l'album.

Il est sur scène et on est vraiment dans le même bateau depuis le départ et c'est super. C’est lui qui m'a fait la proposition d'un batteur : Sylvain Joasson qui a enregistré sur l’album et d’un autre batteur JP Motte qui remplace Sylvain quand il n’est pas disponible.

Mais tu as raison le choix des musiciens est très important puisqu’on est que 3 donc il faut qu’on serre les rangs et qu’on soit bien soudé et il faut trouver l'équilibre.

Il peut m'arriver de jouer seule, par exemple le 26 juin mais je vais faire un showcase en solo au printemps de Bourges, ça reste mes chansons et mon énergie mais je me sens un peu incomplète j'aime bien qu’il y ait un groupe.

Est-ce que tu te sens plus chanteuse ou plus guitariste ?

Alice Animal : Le plus important ça reste quand même le chant, je suis chanteuse je dis des textes en français ce qui m'importe c'est de partager des histoires des mots des couleurs (sinon je chanterai en anglais) et quand j'en ai dit assez la guitare prend le relais. La guitare parle beaucoup aussi, elle a beaucoup de place dans le spectacle. J'aime bien dire que c'est un peu ma deuxième voix quelque part. Les deux sont très importants.

Comme je disais tout à l’heure, la guitare prend beaucoup beaucoup mon esprit parce que j’ai fait faire une guitare, je pense à la guitare, je travaille ma guitare, etc. La voix c'est beaucoup plus naturel c'est direct, il n’y a pas besoin de réfléchir donc du coup j'ai l'impression que la guitare prend plus de place à l'intérieur de moi mais en fait le résultat ça reste quand même ce qui est dit.

Justement, tu as fait faire ta guitare comment ça s'est passé ? Tu t'es réveillée un matin en te disant je vais me faire ma guitare, on est venu te voir et te la proposer ?

Alice Animal : Alors en fait pour la question de la guitare c'était un rêve de faire faire mon instrument et ça me semblait être un rêve un peu improbable. Tu as vu le making-of ? (NDLR : je te conseille d’aller le voir, c’est très bien fait. Tu y apprendras comment est née cette beauté)

C’est quelque chose que j'avais très envie de faire et les rencontres ont fait que c’est devenu possible et ça s'est super bien passé. Hier mon luthier est passé (il habite Vichy) et donc il est venu me régler mes guitares avant le concert.

J’avais entendu parler de Wild Custom je les ai contactés et je leur ai dit ce que je voulais, sans trop y croire, il y avait la notion de son, de poids, de forme, de look et ils ont dit oui à tout, je suis allé les rencontrer et c’était parti.

Quand on est un petit gabarit comme moi c’est pas mal de pouvoir demander des instruments un petit peu plus légers, plus affinés aussi parce que les guitares sont des instruments pas mal faits pour les mecs souvent. Et puis surtout moi j'aime bien m'amuser avec le look donc là je m’en suis donné à coeur joie !

L'autre jour je regardais une vidéo d'une guitariste sur Instagram et qui expliquait qu’on lui disait souvent : tu joues pas mal pour une fille. Est-ce que ça t'arrive d'avoir des réflexions de ce genre ?

Alice Animal : Ça m’est arrivé, plus trop maintenant mais il y a quelques années ça m’arrivait ouais, avant ça les gens disaient : "c'est pas pour être misogyne mais tu joues bien pour une fille". Voilà !

Le fait qu’il y ait maintenant metoo et cette vague de dénonciation est-ce que cela facilite les choses ou est-ce que c’est encore difficile à supporter ?

Alice Animal : Dans mon parcours j’ai beaucoup travaillé avec des hommes c'est vrai, mais je n'ai pas eu de souci tu vois, je suis chanceuse. Je n'ai pas rencontré des gens qui m'ont écrasée. Je ne peux pas te dire vraiment ce que ça change. Moi je m’affirme de plus en plus aussi en tant que femme et puis Alice Animal a été aussi un tournant dans ma vie de femme. Je n’y pense pas trop je fais mon bonhomme de chemin. J'avance en tant que musicienne, c'est tout.

Je n’essaie pas de trop mettre le doigt sur ça. Ce qui est important c'est rester soi et de faire ce qu'on veut faire. Alors oui, c'est vrai, j'ai mis du temps à me mettre à la guitare électrique parce que j’avais peu de référence féminine, c'est le cas, donc ça c'est vrai sociologiquement c'est intéressant ce truc.

Un jour quelqu’un est venu me voir et m'a dit : "c'est super ce que tu fais tu vas donner envie aux petites filles de faire de la guitare électrique, elles vont se rendre compte que c'est possible". Je trouve ça merveilleux.

On parlait de look, j'ai une question sur l'album : est-ce que la ressemblance avec Madonna est volontaire ou c'est juste moi qui suis complètement à côté de la plaque ?

Alice Animal : Ce n'était pas dans le cahier des charges particulièrement si tu veux mais il se trouve que la coiffure elle va par là, vers une espèce de Maryline Rock on s'amuse avec ça. Parfois c’est une espèce de James Dean ou du David Bowie. Bien sûr on joue avec ces références avec ma coiffeuse, Isabelle Luzet qui me soutient depuis le début, c'est une vraie partenaire ! Parce que le look est important je trouve.

J'ai donné carte blanche à Yann Orhan (NDLR : qui a réalisé les photos et le design de l’album) mais pour les photos pour le la typo, on est partis sur un truc rock'n'roll et puis on s'est pas posé la question de "ça va faire trop ceci, trop cela". On s'est dit : "allez on y va". Ce sont des bonnes références aussi mais on s'est pas dit on va faire un hommage !

Et il est sorti sur ton label : Alessandra records ?

Alice Animal : Oui tout à fait, c'est mon label.

Tu l’as monté spécifiquement pour cet album là ?

Alice Animal : Pour mon premier déjà, Théogonie et pour Tandem.

Tu as en projet de le développer pour d'autres artistes ?

Alice Animal : Pour le moment, m’occuper de moi c'est énorme. C'est-à-dire que je dois être une cheffe d'entreprise à tous les niveaux et donc pour le moment je serais absolument incapable de m'occuper d'autres, déjà il faut que je m'occupe de moi. Après je sais pas je n'ai pas réfléchi à ça encore. J’avance et puis on ne sait pas ce que l'avenir dira.

Justement tu es cheffe d'entreprise, tu as ton label que tu dois promouvoir, comme perçois-tu les réseaux sociaux ?

Alice Animal : Je les utilise beaucoup, pour l'image, pour raconter ce qui se passe. Quand il y a très peu de choses comme là, pendant les confinements, j'ai partagé beaucoup de capsules (NDLR que tu peux retrouver sur la chaine YouTube d’Alice) donc c'était uniquement musical. Pour garder un lien avec les gens et là pour la sortie de l'album il y a plein d'articles, il y a les dates.

Je l'utilise vraiment comme une sorte de blogs où je raconte ce qui se passe. J’ai des gens assez bienveillants pour le moment, je touche du bois et je n'ai pas eu encore trop de commentaires à côté de la plaque. J’ai réussi à réunir une communauté qui était vraiment cool.

Je vais te poser la dernière question que j’ai piqué à David, notre rédacteur en chef, et qui la pose à la fin des interviews : imagine que ton meilleur ou ta meilleure amie s'en va et tu dois lui donner un album de ta discothèque, qui lui évoquera votre amitié. Lequel donnerais-tu ?

Alice Animal : Houlà, question difficile ! Je dois dire à qui et pourquoi ?

Non, juste l’album que tu lui donnerais !

Alice Animal : Alors la Bande son de Peaky Blinders qui est très stoner, très noir et blanc, rock et mélodieux.

Je t’avouerai que nous aurions pu rester des heures encore à échanger, mais Alice devait se préparer pour son concert ! Encore une fois, merci à elle et à Yann qui m’a permis de la contacter et de réaliser cette interview.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Tandem de Alice Animal
Alice Animal en concert au Festival Poly'Sons

En savoir plus :
Le site officiel de Alice Animal
Le Soundcloud de Alice Animal
Le Facebook de Alice Animal


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# 4 décembre 2022 : L'hiver approche

Dernier mois de l'année, en attendant les coupures électriques, cultivons nous, il nous reste au moins cela, et puis cela donne des idées de cadeaux. La dernière Mare de l'année sera le 9 décembre mais le 23 nous serons là pour faire un petit bilan de l'année. En attendant, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Kaleidoscope" de Alba Obert
"La distance" de Coriolan
"On shoulders we stand" de David Linx, Matteo Pastorino, Guillaume de Chassy
"X" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
"Hysteria" de Indigo Sparke
"Rêve bohémien" de Jérémy Dutheil & Solal Poux Quartet
"Blood harmony" de Larkin Poe
"Pour Clarisse" est la 10eme émission à écouter de la saison 4 de Listen In Bed
"Même si" de Olivier Triboulois
"Pourquoi" de Philip Catherine, Paulo Morello et Sven Faller
et toujours :
"Alpha zulu" de Phoenix
"Born in chaos" de Absurd Heroes
"Le monde d'après" de ALT (Alix Logiaco Trio)
"Le ciel est partout" de Blaubird
"Gainsbourg" de Brussels Jazz Orchestra & Camille Bertault
"Se taire et écouter" de Daniel Jea
"Constellation" de David Bressat
"The cage and the crown : chapter 1" de Headkeyz
"Promenade oblique" l'émission à écouter signée Listen In Bed
"Deep marks" de Mind Affect
"Chant contre champ" de Naudin
"Karma police" de Théo Cormier

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Pièce sans acteur(s) au Monfort Théâtre
"Carnet de la dernière pluie" au Théâtre du Rond-Point
"Toute l'Histoire de la peinture moderne en moins de deux heures" au Théâtre Le 13ème Art
"Farf is a..." au Théâtre Les Déchargeurs
"Gretel, Hansen et les autres" au Théâtre de la Colline
"Peer Gynt" au Lavoir Moderne Parisien
"Les 7 nuits d'une reine" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Exil intérieur" au Théâtre de la Reine Blanche
"3clowns" au Théâtre Trévise
"Je ne suis pas de moi" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Il n'y a pas d'Ajar" au Théâtre du Rond-Point
"Les Soeurs Papilles" au théâtre Le Lucernaire
"Je ne cours pas je vole" au Théatre du Rond-Point
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

"Sur les routes de Samarcande - Merveilles de soie et d'or" à l'Institut du Monde Arabe"
"Arts et Préhistoire" au Musée de l'Homme
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en salle :
"Kanun, la loi du sang" de Jérémy Guez
en streaming gratuit :
"L'été où mon père disparut" de Hans Petter Moland
"Crooked Lines" de Rita Nunes
"Ema" de Pablo Larraín
"Hyperland" de Mario Sixtus
et le cinéma de Wim Wenders en 5 films

Lecture avec :

"Faites un voeu" de Jakula Alikavazovic
"Je bande donc je suis" de Sainte Paluche
"Patricia Mazuy, l'échappée sauvage" de Gabriela Trujillo, Séverine Rocaboy & Quentin Mével
"Sans un bruit" de Paul Cleave
et toujours :
"L'histoire de l'hiver qui ne voulait jamais finir" de Shane Jones
"Black Bird" de James Keene & Hillel Levin

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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