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puce Ciné en Bref : The Father - Adieu les cons - Promising Young Woman - ADN - L'Etreinte - Garçon chiffon
  (mai 2021) 

THE FATHER
Réalisé par Florian Zeller. Grande Bretagne. Drame. 1h38 (Sortie 26 mai 2021). Avec Anthony Hopkins, Olivia Colman et Mark Gatiss
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Chef d’œuvre ! Le mot n’est pas trop fort pour la première réalisation cinématographique de l’auteur et dramaturge Florian Zeller. Dans le cas d’espèce, le film ne traite pas du deuil, pas tout à fait… encore que. Car ce père se trouve contraint de faire le deuil de son passé, de sa propre existence, de ses rapports à l’autre puisque sa mémoire a décidé de lui échapper.

Porté par un casting époustouflant, "The Father" nous mène en bateau d’un bout à l’autre, faisant fi de l’explication de texte qui nous permettrait d’y voir clair. La narration d’une intelligence rare, trouble le spectateur tout autant que le personnage central, nous faisant ainsi mesurer le brouillard suffocant dans lequel la maladie plonge Anthony Hopkins.

Ce ne fut sans doute pas une intention mais plutôt le fruit même de l’écriture, que de nous plonger dans une dimension quasi lynchienne. L’entourage manigance, caresse, bouscule, étouffe, lui aussi.

Quelles intentions cachent ce nuage de bourdons qui virevoltent autour du père ? Perdrait-il la tête ou s’agirait-il d’une énième victime de ceux qui ne supportent plus leurs vieux et en ont après leur patrimoine ? Il vous faudra vous rendre en salle pour le découvrir.

ADIEU LES CONS
Réalisé par Albert Dupontel. France. Comédie. 1h27 (Sortie 1er octobre 2020 - Reprise 19 mai 2021). Avec Virginie Efira, Albert Dupontel et Nicolas Marié.

La singularité de Dupontel ne requiert plus aucune démonstration. Abrasif, punk et irrévérencieux tout autant que poétique et enfantin, ce nouvel opus touche au droit au cœur, porté par une Virginie Efira au sommet de son art (quel parcours, quand on y pense).

Frappée par une maladie incurable, son personnage se retourne sur son passé, tentant de retrouver l’enfant qu’elle fut contrainte d’abandonner à sa naissance. Le film tient toutes ses promesses alors qu’on redoutait, à l’aune d’une bande annonce trompeuse, une aventure échevelée et décalée. C’en est une mais bien plus que cela.

"Adieu les cons" fouille la mémoire sans complaisance, déterre les secrets et les regrets que l’on avait si soigneusement enfouis. Le scénario fait la part belle au jusqu’au-boutisme comme dans un road-movie à la "Thelma et Louise".

Lorsqu’on a réalisé l’essentiel, rien ne sert plus de courir. Dupontel lorgne vers Jean-Pierre Jeunet ou Terry Gilliam qui fait d’ailleurs une brève apparition dans le film. Il soigne l’esthétique tout autant que le propos pour un résultat splendide, sans doute sa meilleure proposition à date.

PROMISING YOUNG WOMAN
Réalisé par Emerald Fennell. Etats Unis. Comédie. 1h48 (Sortie 26 mai 2021). Avec Carey Mulligan, Bo Burnham et Alison Brie.

La vengeance, ce plat qui se mange froid, reste un ressort particulièrement efficace, dans les séries à la mode comme dans la production destinée au grand écran.

Carry Muligan, l’une des actrices les plus appréciées du cinéma d’auteur américain, campe une jeune femme au bord du gouffre - ou le croit-on au départ - qui part se perdre et s’enivrer dans des clubs fréquentés par une gente masculine prétendument protectrice mais qui n’en a que pour ses jolies fesses.

A ce jeu-là, son personnage les piège à leur propre jeu, enchaînant les victimes comme des perles qu’elle prend soin de noter dans son petit carnet de méfaits. Très progressivement, Emerald Fennel lève le voile sur les motivations de cette jeune à qui l’on promettait le plus brillant avenir.

Elle croira donc prendre sa revanche sur des hommes lui ayant arraché les entrailles. Mais peuvent-ils tous participer de la même engeance ? Doivent-ils tous finir dans le même sac ? Peut-être que oui, que non… Elle tentera de renoncer à son obsession, quelques temps au moins. Chassez vos névroses et vous les reprendrez en pleine gueule d’ici peu.

Courrez voir ce film ne serait-ce que pour ses dernières scènes et pour cette reprise vénéneuse du "Toxic" de Britney Spears, dont le réalisateur a dû s’inspirer pour construire l’image de sa poupée vengeresse.

ADN
Réalisé par Maïwenn. France. Drame. 1h30 (Sortie 28 octobre 2020 - Reprise 19 mai 2021). Avec Maïwenn, Omar Marwan et Fanny Ardant

On reproche souvent à Maïwenn le côté autocentré de son cinéma. D’une part ce n’est pas aussi systématique qu’on l’affirme, d’autre part l’autobiographie, réaliste ou romancée, donne souvent une dimension universelle à l’intention artistique.

Ce film qui avait été mis en exploitation juste avant la seconde fermeture des salles de spectacle, intervient à brule pour point. Il dépeint avec sensibilité et un humour tranchant, le rapport à la famille, confrontée au deuil

Accepter la mort d’un aïeul n’est jamais chose aisée. Et chacun réagit bien davantage comme il peut, plus qu’il ne le voudrait. Certains s’insurgent, refusant d’accepter l’inacceptable. D’autres se ferment sur eux-mêmes ou fuient, d’autres encore s’accrochent désespérément aux traces du défunt, quitte à verser dans l’hagiographie.

On retrouve ici tout le talent de la réalisatrice dont la direction d’acteurs, qu’on devine ici très cadré, là plus encline à l’improvisation. Des partis-pris qui ne sont pas sans rappeler ceux d’un Claude Lelouch, lui aussi très friand de films chorales.

L’intelligence de Maïwenn lui évite pathos et mièvrerie car non, la famille ne se recomposera pas d’un coup de baguette magique, au seul motif de la nécessité de faire front quand celui qui tenait la baraque s’en est allé.

L'ETREINTE
Réalisé par Ludovic Bergery. France. Drame. 1h30 (Sortie 19 mai 2021). Avec Emmanuelle Béart, Vincent Dedienne et Tibo Vandenborre

Décidément, le deuil et l’absence sont eu cœur des préoccupations cinématographiques ces temps-ci. La crise sanitaire semble mettre en exergue un besoin irrépressible de se recentrer sur l’essentiel, de revoir la hiérarchie des priorités de la vie.

Emmanuelle Béart avait déserté le grand écran, injustement délaissée par les productions. Elle fait un retour remarqué dans ce qui constituera l’un des plus beaux rôles de sa brillante carrière.

On suit ici le parcours de reconstruction d’une veuve qui n’ose plus croire à l’amour et moins encore à l’idée de refaire sa vie. Mais l’obligation de continuer à avancer lui permettra de relever la tête.

Se frottant à une jeunesse étudiante qui ne la rejette pas malgré son âge, son personnage plus fort qu’il n’y paraissait, s’essaiera à de nouvelles rencontres, du plan cul inattendu et décevant à ce qui pourrait être - l’histoire se termine trop tôt pour nous en assurer - l’aube d’une vie nouvelle.

Alternant la plus grande délicatesse et des instants âpres, le film brille d’une lumière sombre, mais d’une lumière en vers et contre tout.

GARCON CHIFFON
Réalisé par Nicolas Maury. France. Comédie dramatique. 1h50 (Sortie 28 octobre 2020 - Reprise 19 mai 2021). Avec Nicolas Maury, Nathalie Baye et Arnaud Valois.

Pas totalement convaincu par ce film pourtant encensé. On y suit le parcours professionnel et amoureux d’un jeune comédien homosexuel, fragile et mal armé pour prendre les coups que l’avenir lui réserve. Il mesure combien ses choix et sa personnalité semblent peu compatible avec le monde contemporain.

Balloté mais plein d’espoir, déçu mais tenace, Nicolas Maury avance. Je dis Nicolas Maury car pour le coup, on devine sans peine que c’est un peu beaucoup de lui qu’il doit s’agir.

Sans doute aurait-il pu l’assumer davantage pour que le spectateur ne se contente pas d’une empathie distante à l’égard d’un film qui en promet cependant d’autres plus aboutis.

 

Vents d'Orage

 

        
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# 16 janvier 2022 : Cultivons notre culture

C'est important de rester ouvert et curieux. Voici notre nouvelle sélection culturelle pour vous apporter quelques belles choses à découvrir encore cette semaine ! C'est parti.

Du côté de la musique :

"Bach, Brouwer : Canciones" de Andreas Scholl & Edin Karamazov
"Lighting concept" de Archi Deep
"Issue" de Bipolar Club
"Things take time, take time" de Courtney Barnett
"A l'americaine" de Imparfait
"La sélection de Carim Clasmann de PSAPP volet 2" par Listen In Bed
"Poussière d'or" de Manu
"Landscapes unchanged" de Mewn
"Onze heures onze orchestra volume 4" de Onze Heures Onze Orchestra
"Concerto n2 for violoncello and symphony orchestra, hommage à Oskar Dawicki" de Pawel Mykietyn
et toujours :
"La mémoire du feu" de Ez3kiel
"And the city woke up alone" de Sol Hess & The Boom Boom Doom Revue
"Deux" de Aldorande
"Ysaye : Six sonates pour violon op.27" de David Grimal
"Too fare gone" de Dead Chic
"Live from Salzburg" de Elina Garanca & Christian Thielmann
"L'âme des poetes" de Guillaume de Chassy
"How I long" 8eme mix de cette 3eme saison de Listen In Bed
"Musica imperialis" de Martin Haselböck & Orchester Wiener Akademie
"Factory" de No Money Kids
"II" de Octantrion
"Hope" de Six Ring Circus

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"La Pierre" au Théâtre de Belleville
"Pôles" au Studio Hébertot
"Pas de deux" au Théâtre La Croisée des Chemins/Belleville
"La Promesse de l'aube" au Théâtre Le Lucernaire
"L'Image" au Théâtre Le Lucernaire
"Les Bons Becs - Big Bang"à L'Alhambra
les reprises :
"Le Roi des pâquerettes" au Théâtre Le Lucernaire
"François Rabelais" au Théâtre Essaion
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Fantaisies pour un palais" au Chäteau de Rambouillet
"Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité" au Musée des Arts Décoratifs
dernière ligne droite pour :
"Iya Répine - Peindre l'âme russe" au Petit Palais
"Botticelli - Artiste et designer" au Musée Jacquemart-André
"Jean-Jacques Henner - La Chair et l'Idéal" au Musée des Beaux-Arts de Strasbourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en salle :
"The Chef" de Philip Barantini
en streaming gratuit avec :
"TwentyNine Palms" de Raoul Ruiz
"Trois vies et une seule mort" d'Arnaud Desplechin
"La sentinelle" de Arnaud Desplechin
le cinéma de Nuri Bilge Ceylan en 5 films

Lecture avec :

"Début de siècles" de Arnaud Cathrine
"En hiver" de Karl Ove Knausgaard
"Il y aurait la petite histoire" de Elsa Jonquet-Kornberg
"Légère" de Marie Claes
"Respire" de Niko Tackian
"Sucre amer" de Avni Doshi
et toujours :
"Kharkov 1942" de Jean Lopez
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