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Mario Camerini  (septembre 2021) 

Réalisé par Mario Camerini. Italie. Drame. 1h35 (Sortie 22 septembre 2021 - 1ère sortie 13 juin 1962). Avec avec Antonella Lualdi, Gérard Blain, Franco Fabrizi, Yvonne Furneaux, Cristina Gaioni, Marion Marshal et Alex Nicol.

En revoyant ou en découvrant "Via Margutta" ("La rue des amours faciles" de Mario Camerini, on est saisi par la richesse du cinéma italien dans les années 1960.

Car, au même moment, au même endroit, Federico Fellini et Mario Camerini donnent deux visions de Rome, deux visions de ces jeunes habitants, le jeune génie décrivant  la moderne "Dolce Vita" avec Marcello Mastroianni, le vieux maître issu du cinéma "téléphone blanc" des années Mussolini, reconstituant la vie de Bohême de la Via Margutta avec l'immense Antonella Lualdi et Gérard Blain, le "James Dean" de la Nouvelle Vague

Evidemment, il y a un fossé artistique entre l'un et l'autre. Si l'on osait une comparaison, la jeunesse italienne de Mario Camerini est aussi factice que celle des "Tricheurs" de Marcel Carné. Mais, à la différence du cinéaste des "Enfants du Paradis" orphelin de Prévert, jugeant avec aigreur les nouvelles générations, il n'y aucun point de vue de "vieux con" sur les jeunes italiens en plein miracle économique et avides de plaisir.

Tout juste pourrait-on dire que les jeunes bohêmes de Camerini sont un peu en retard sur leur époque, à l'image de la chanteuse Marta incarnée formidablement par Yvonne Furneaux, qui est plus près d'une Juliette Greco dans Saint-Germain-des-Prés que des yé-yés à la Celentano.

On ne fera cependant la fine bouche : cette revue de détail de quelques attardés des "scènes de la Bohème" de Murger, sans la pauvre Mimi, donne un film fort, avec un scénario très malin et des portraits tous réussis. De l'artiste américain qui vient surtout en Italie pour ne pas vivre la frénésie étasunienne au vitelloni devenant gigolo, on sera face à une galerie de comédiens inoubliables.

Comme d'habitude, Gérard Blain sera l'écorché vif, l'artiste malheureux poursuivi par le fatum plutôt que par le génie. Camerini n'oublie jamais qu'il a beaucoup tourné de comédies et se permet avec Blain, assis en haut d'une armoire, une petite cruauté.

La jeune fille à lunettes qui le rejoint sur son "promontoire" n'hésite pas à lu lancer : "vous ressemblez à James Dean", entraînant le départ d'un bond de l'acteur français souffrant depuis toujours de cette abusive comparaison.

N'importe. Il étale sa puissance de jeu, forme avec Antonella Lualdi un couple tragique de toute beauté. On le suivra dans une fuite loin de Via Margutta l'entraînant dans une Rome nocturne et déserte filmée aussi bien que celle mythifiée par Fellini dans "La Dolce Vita".

Plus généralement, Camerini réussit parfaitement le mélange ente le décor abritant la petite communauté artistique et les scènes tournées en décors naturels. Ainsi la scène tragi-comique de la fête à la campagne est particulièrement réussi.

Elle aurait pu être bucolique, faire cohabiter les retardataires de la bohème et les paysans éternels pas encore formatés par le Marché commun. Camerini préfère en faire une farce qui montre que ces jeunes gens sont quand même un peu des profiteurs et des truqueurs.

Tous prétendent travailler et attendre la gloire et se vendent au premier qui les achète. On est chez des artistes qui pourraient exposer Place du Tertre plutôt que dans des galeries.

"Via Margutta" de Mario Camerini est un film foisonnant, forcément inégal en fonction des "sketchs" traitant chacun d'un des personnages. Au passage, on signalera le ratage un peu gênant du galeriste homosexuel.

Pourtant, au final, on aura traverser avec empathie les années cruciales de ces jeunes gens avant qu'ils perdent définitivement leurs illusions artistiques.

 

Philippe Person         
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# 25 septembre 2022 : La culture n'est pas un luxe

8ème vague, confinement énergétique... rien de bien brillant pour le futur, heureusement il reste la curiosité et la culture. Gardons le cap et restons groupés. Voici le programme de la semaine.

Du côté de la musique :

"Bobo playground" de Alexis HK
"Ca pixellise" de Dimoné
"The portable Herman Dune Vol 1" de Herman Dune
"La mélodie, le fleuve et la nuit" de Jérôme Minière
"Kramies" de Kramies
"Mémoires d'une femme" de Myriam Barbaux-Cohen
"The hardest part" de Noah Cyrus
"Dvorak : Quatuor américain, valses" de Quatuor Talich
"Fauré le dramaturge" de Takénori Némoto, Cécile Achille, Cyrille Dubois et Ensemble Musica Nigella
et toujours :
"J'ai vécu les étoiles" de Andoni Iturrioz
"Ornette Under the Repetitive Skies 3" de Clément Janinet
"Alan Hovhaness : oeuvres pour piano" de François Mardirossian
"Live in Paris" de Fred Nardin Trio
"Show AC/DC" de Ladies Ballbreakers
"Luigi Concone" de Mavroudes Troullos & Rachel Talitman
quelques clips avec Moundrag, Ottis Coeur et Madam
"Souvenirs" de Pale Blue Eyes
"Life and life only" de The Heavy Heavy

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Harvey" au Théâtre du Rond-Point
"Les Producteurs" au Théâtre de Paris
"Bérénice" à La Scala
"Les Filles aux mains jaunes" au Théâtre Rive Gauche
"Il n'y a pas d'Ajar" aux Plateaux Sauvages
"Echo" aux Plateaux Sauvages
"Le syndrome d'Hercule" au Théâtre Essaion
les reprises :
"Cahier d'un retour au pays natal" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Le dépôt amoureux" au Théâtre Les Déchargeurs
"Darius" au Théâtre Essaion
"A la recherche du temps perdu" au Théâtre de la Contrescarpe
"L'Autre fille" au Théâtre des Mathurins
"Les Divalala - C'est LaLamour !" au Grand Point Virgule
et les spectacles à l'affiche

Expositions :

"Frida Khalo, au-delà des apparences" au Palais Galliera
"Hyperréalisme - Ceci n'est mon corps" au Musée Maillol
'Miroir du monde - Chefs d'oeuvre du Cabinet d'art de Dresde" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :
en salle : "L'Ombre de Goya" de José Luis Lopez-Linares
en streaming gratuit :
"Qui vive" de Marianne TArdieu
"Big Fish" de Tim Burton
"Marguerite" de Xavier Giannoli
"Chained" de Yaron Shani

Lecture avec :

"Les masques éphémères" de Donna Leon
"La guerre de cent ans" de Amable Sablon du Corail
"D'où vient l'amour" de Yann Queffélec
et toujours :
"Combattre en dictacture" de Jean Luc Leleu
"Hideo Kojima, aux frontières du jeu" de Erwan Desbois
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