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puce Anselm Kiefer - Pour Paul Celan
Grand Palais Ephémère  (Paris)  Du 17 décembre 2021 au 11 janvier 2022

En 2007, l'artiste plasticien allemand Anselm Kiefer inaugurait l'événement Monumenta initié par la Réunion des Musées Nationaux consistant en l'exposition annuelle d'une œuvre d'un artiste majeur contemporain spécialement conçue pour l'espace de la Nef du Grand Palais.

Unique artiste vivant dont une oeuvre est présente au Musée du Louvre, Anselm Kieferet bénéficie régulièrement de commandes publiques, telle en 2020 celle du Président de la République à l’occasion de l’entrée au Panthéon de Maurice Genevoix et de l'hommage aux soldats de la Grande guerre avec des oeuvres-vitrines dont certaines installées à demeure.

En 2021, pour la 15ème édition de Monumenta, il est de nouveau à l'affiche avec un ensemble de 23 pièces monumentales réunies sous l'intitulé-dédicace "Pour Paul Celan".

En effet, il a été commandité par Chris Dercon, le directeur actuel de la RMN-Grand Palais dans le cadre, indique celui-ci, du centième anniversaire de la naissance du poète Paul Celan, rescapé des camps de concentration et figure de la littérature mémorielle de la Shoah, du travail de Anselm Kiefer sur la mémoire européenne et la présidence de la France du Conseil de l'Union européenne en 2022.

Anselm Kiefer et la représentation du désastre

Né en 1945, Anselm Kiefer appartient à la génération des artistes allemands dits de la seconde génération, dont Georg Bazelitz, Georg Richter et Sigmund Polke mais aussi le réalisateur Rainer Werner Fasbinder, dont la jeunesse s'est déroulée dans un pays totalement détruit et schizophrène entre occultation, justification et culpabilité du nazisme sur lequel s'est abattue une chape de plomb.

Confrontés à d'obsessionnelles problématiques mortifères, à la question de l'identité collective, la transmission de l’Histoire et le sentiment de culpabilité face à l'idéologie nazie qui a généré l'Holocauste, leur point commun réside en la tentative de construction d'une mémoire fictionnelle à l'opposé de celui de leurs aînés, comme Joseph Beuys né en 1921, dont la démarche artistique avait pour support le traumatisme né de son expérience personnelle de la guerre.

Ressortant à l'art post-war et à l'art historique résultant d'un devoir de mémoire, l'oeuvre d'Anselm Kiefer s'inscrit dans le registre de la représentation du désastre qui peut être envisagée sous différents angles.

Ainsi, de l'impossible résilience au regard du passé, de l'eschatologie comme préfiguration de l'apocalypse future, du renouveau destruction-reconstruction inspiré du cycle vital décomposition/biosynthèse et, selon l'analyse Chris Dercon, comme un avertissement pour le monde actuel.

Au fil de sa déambulation parmi les toiles, le visiteur pourra constater en premier lieu la monumentalité des toiles, sculptures et installations réunies dans la Nef transformée en immensité obscure.

Puis apprécier son procédé artistique qui repose sur sa technique éprouvée et récurrente de l'assemblage, un assemblage de matériaux, et une démarche créatrice constitué d'un empilement de références, tant littéraires et historiques que picturales, de la Renaissance italienne au Romantisme allemand, et d'un symbolisme syncrétique.

Un assemblage de matériaux dont l'Histoire qu'il précise utiliser au même titre qu’un paysage ou la couleur, et notamment de matières organiques ainsi que minérales pour élaborer, à la manière de Joseph Beuys dont il fut l'élève à l'Académie des beaux-arts de Düsseldorf des toiles en trois dimensions qualifiés de "tableaux-sculptures" représentant, en l'espèce, des paysages dévastés, calcinés et pétrifiées pour matérialiser la violence et l’horreur qui irrigue les poèmes de Paul Celan qui ont inspiré l'artiste.

De plus, ils comportent des traces d’altération, éraflures et brûlures qui ne sont pas sans évoquer à la manière du Nouveau Réalisme, de l'Action Painting et l'Expressionisme abstrait.

Par ailleurs, chaque oeuvre est pétries de symboles avec la symbolique du matériau, telle la guerre avec l'objet militaire - l'avion et le blockhaus grandeur nature - pour les sculptures.

De même pour les motifs avec la symbolique du végétal comme la tige de pavot pour la mémoire et la fougère primitive et parfois ambivalente comme celle du tapis-linceuil de cendres, résidus de la destruction par le feu qui évoque également la pratique régénératrice du brûlis.

Avec un regard attentif sur chaque oeuvre, le visiteur pourra déceler la richesse du langage plastique d'Anselm Kiefer dont la présence du signe graphique considéré comme un élément de la composition, en l'espèce les poèmes de Paul Celan inscrits à la craie.

A voir et écouter en préambule à la visite :

l'exposition in situ en diaporama et en vidéo
le podcast de "Anselm Kiefer fait oeuvre de mémoire" avec Anselm Kiefer dans l'émission La Grande Table culture par Olivia Gesbert en décembre 2021
l'exposition "Field of the Cloth of Gold - Camp du Drap d'or" à la Galerie Gagosian au Bourget en 2021 : en diaporama et en vidéo
les oeuvres du Panthéon
le diaporama de l'installation "Les Sept palais célestes" au Pirelli Hangar Bicocca à Milan
le diaporama de l'exposition "For Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit" au Copenhagen Contemporary en 2017
la rétrospective au Centre Pompidou en 2015
la rétrospective à la Royal Academy of Arts de Londres en 2014
"Chute d'étoiles" pour le Monumenta 2007

 
En savoir plus :

Le site officiel de la RMN-Grand Palais

Crédits photos : © Georges Poncet pour la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, 2021


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# 22 mai 2022 : Culture et vous - A vos agendas !

Il fait beau, il fait chaud, mais il n'y pas que les terrasses dans la vie. La culture bat son plein et, avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, il est temps de se montrer curieux pour découvrir les nouveautés de la semaine de la musique et du spectacle vivant ainsi que du cinéma, de la lecture et des expositions.

Du côté de la musique :

"Godowsky - Bach" de Dimitri Papadopoulos
"Being alive" le nouveau mix à écouter de Listen In Bed
Rencontre avec Lofofora
"Des corps dans le décor" de Mauvais Sang
"Litz - once upon a time"
"Misia" de Revue Blanche
"Murmures et rumeurs" de Tom Bourgeois
et toujours :
"J'ai horreur de l'amour" de Bertrand Betsch
"Caroline" de Caroline
"Revenant" de Cascadeur
"Hell stairs" de CDSM
"Unica" de DeLaurentis
"Polar star" de Initiative H
"Fear of the dawn" de Jack White
"The line is a curve" de Kae Tempest
"Zadie Smith" 16ème émission de la saison 3 de Listen In Bed à écouter
"Bassoon steppes" de Lola Descours & Paloma Kouider
"Oan Kim & the Dirty Jazz" de Oan Kim
"Gabril Fauré : Horizons II" de Simon Zaoui, Pierre Fouchenneret, Raphaël Merlin, Parie Chilemme & Quatuor Strada
"Keep on falling" de The Boo Radleys

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Antoine et Cléopâtre" aux Ateliers Berthier
"Feel Good" à la Manufacture des Abesses
"Double Je" au Théo Théâtre
"Tous les marins sont des chanteurs" au Théâtre du Rond-Point
"Cry me a river" au Monfort Théâtre
"Carmen ou presque" au Théâtre Trévise
une reprise avec "Mister Paul" au Théâtre du Petit Montparnasse
et les autres spectacles à l'affiche

Expositions :

"Monnaies & Merveilles" à la Monnaie de Paris
dernière ligne droite pour :
"Aux frontières de l'Humain" au Musée de l'Homme
"Maurice Denis - Le Bonheur rêvé" au Musée Maurice Denis
"Le Monde de Steve McCurry" au Musée Maillol
et les autres expositions à l'affiche

Cinéma :

en streaming gratuit avec :
"Juste la fin du monde" de Xavier Dolan
"La belle époque" de Nicolas Bedos
"Mustang" de Deniz Gamze Ergüven
"Les Eternels" de Zhangke Jia

"Le Traître" de Marco Bellocchio
"It must be heaven" de Elia Suleiman
en salle pour les cinéphiles : "Les Femmes des autres" de Damiano Damiani

Lecture avec :

"De la guerre, Mook 2" de Jean Lopez
"Les routes oubliées" de S.A. Cosby
et toujours :
"Amnistie" de Aravind Adiga
"Le réalisme magique du cinéma chinois" de Hendy Bicaise
"Nobles de coeur" de Marc Alexandre Oho Bambe & Fred Ebami
"Le silence est ma langue natale" de Sulaiman Addonia

Et toute la semaine des émissions sur notre chaine twitch

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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