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puce Festival International de la Bande Dessinée d'Angoulême #49 (édition 2022) - Sylvain Repos
Interview  (Angoulême)  17 au 20 mars 2022

Grosse actualité pour le jeune auteur Sylvain Repos, avec son premier album, le tome 1 de la série Yojimbot retenu dans la sélection officielle Fauve d’Or 2022, et la sortie du tome en février dernier. En amont du Festival d’Angoulême, où l’on peut le retrouver pour une série d’animations, conférences et dédicaces, il nous a reçus dans son atelier parisien où il travaille aux côtés notamment de Bastien Vivès et Marion Montaigne.

Comment est né Yojimbot ?

Sylvain Repos : Pour impressionner une fille, j’ai commencé à faire plein de robots hyper compliqués. Au fur et à mesure j’ai commencé à beaucoup les varier, les habiller : instinctivement je leur ai mis des parures japonaises, des armures de samouraïs, des chapeaux en paille, des kimonos... Et comme je n’arrivais pas forcément à l’impressionner tout le temps j’en ai accumulé beaucoup. A la fin j’en avais une cinquantaine très travaillés, et j’ai commencé à m’imaginer des saynètes entre eux, des combats, à voir ceux qui formaient une bonne équipe. A un moment, j’arrivais à la fin de mon chômage et je me suis dit : il faut que j’arrive à en faire quelque chose, c’est un peu ma dernière chance avant de me lancer dans un travail de bureau. J’ai tout misé sur cette histoire, j’ai essayé de trouver un bon fil rouge pour tout lier.

Par rapport à mes références, ce qui est venu assez rapidement c’est que pour que tous ces robots en arrivent se battre, il fallait qu’ils protègent quelqu’un. Une figure un peu fragile comme un enfant est le parfait véhicule pour toute la narration. Au début, je voulais même qu’ils s’occupent d’un bébé pour faire comme dans Baby Cart, mais je me suis rendu compte ça serait trop d’impératifs : ils devraient le nourrir, le porter… Je voulais aussi montrer que je pouvais écrire un personnage. Du coup j’ai fait un enfant de l’âge des personnages principaux dans les mangas, 11-13 ans, mais je voulais qu’il soit quand même fragile. J’ai essayé de le rendre un peu réaliste : il est fragilisé par la perte de son père, il croit qu’il peut se battre mais à chaque fois il lâche l’affaire instantanément, et il faut vraiment qu’il soit poussé dans ses derniers retranchements pour devenir un peu proactif dans la narration. C’est une BD de bagarre, mais je voulais montrer que je pouvais y mettre aussi un peu de sensibilité. Ecrire et dessiner ce petit a été mon défi. Ce n’était pas évident, je suis de l’école des comics et de la SF, où les enfants ne sont pas forcément mis en avant. J’ai plutôt appris à dessiner des gros gars tout musclés ou des robots méchants méchants, alors un petit enfant fragile ce n’était vraiment pas dans mes cordes. J’ai dû beaucoup m’exercer pour arriver à trouver le bon physique, le bon faciès, qu’il ne fasse pas petit adulte. Ça a été beaucoup de recherches aussi. Je me suis beaucoup exercé en parallèle de l’élaboration du story-board du tome 1.

Comment t’es-tu nourri graphiquement pour la création de ce premier tome ?

Sylvain Repos : Je suis parti en voyage au Japon pendant que je travaillais sur le story-board, et il y a eu un avant et un après. Ça m’a permis de revenir sur pas mal de petites choses au moment de l’encrage. Même pour le tome 2, il y a des bâtiments que j’ai re-designés par rapport à des choses que j’avais vues au Japon. Là j’ai entamé le travail sur le tome 3, et je reprends des photos de lieux que j’ai prises là-bas. Je conçois le tome 3 comme un voyage, j’emmène mes personnages dans des endroits où je suis allé parce que je sais qu’il y a de quoi regarder, et que j’ai tout le catalogue d’images pour. Maintenant d’ailleurs je prends mes photos pour qu’elles soient un point de vue dans lequel je peux faire évoluer un personnage. Ça se voit quand un dessinateur travaille à partir d’une photo, parce que ce n’est pas un angle naturel à dessiner. Alors maintenant je prends mes photos un peu plus droites, ou des décors avec assez de place en haut et en bas pour pouvoir les recadrer. Je gère tout mon catalogue de références visuelles pour que ce soit beaucoup plus simple après et ne pas devoir forcément recomposer l’image. Il y a tout un travail de recherche qui est vraiment essentiel quand tu fais de la BD. Surtout sur ce genre de BD d’exploration, tu ne peux pas te contenter de Google Maps ou des trois premières photos référencées quand tu tapes « temple japonais ». Il faut se baser sur du concret, il faut aller regarder les choses vraiment en trois dimensions : comment c’est à l’extérieur, ne seraient-ce que les portes ou le sol ; c’est important de créer ce genre de matières. Parfois j’ai l’air d’un taré parce que je reste 10 minutes au même endroit à prendre la photo parfaite. L’autre jour j’étais à l’expo David à Angers et il y avait un buste de Goethe je l’ai pris sous tous les angles, parce que tous les angles étaient intéressants ; tu peux faire un modèle 3D rien qu’avec mes photos !

Depuis que je fais de la BD, je veux me servir de tout. Dès que je trouve quelque chose d’intéressant, mon premier réflexe est de le prendre en photo. Si j’ai du temps je le dessine sur le moment, et si j’ai encore plus de temps, j’essaie de trouver à quel moment de la narration je peux l’utiliser. Maintenant c’est cool d’aller à Interflora, je me dis : si je grossis cette plante ça fera un beau buisson pour cacher un robot-samouraï derrière ! Tout devient de la matière première. C’est un peu comme les gens qui font une capture d’écran dans un film et essaient de retrouver dans quel endroit de la vraie vie ça a été tourné : je me balade avec une séquence en tête, et je visualise les personnages sur le décor réel. Parfois je me dis que je trouverai l’endroit dans le monde réel pour les faire évoluer, et ça m’enlève des angoisses, je gagne en fluidité.

En tout cas j’ai envie de retourner au Japon dès qu’il sera possible d’avoir un visa. J’ai d’autres choses à y voir, d’autres envies, d’autres besoins, de vues, de nature, de temples. Maintenant je sais qu’il ne faut pas aller dans les temples très fréquentés. Les plus petites villes ont les plus beaux temples en général, des petits sanctuaires. Comme ils n’ont pas le temps de les entretenir c’est recouvert de mousse, de petits arbustes, c’est trop beau. Je sais que c’est ça que je veux trouver à présent.

Je me suis fait la réflexion que cette BD était une BD contemplative qui faisait semblant d’être une BD d’action.

Sylvain Repos : En vérité mon tome 1 était mon portfolio, une bande annonce de ce que je pouvais faire en BD : quels étaient mes thèmes, ce que j’aimais dessiner, jusqu’où je pouvais aller dans le détail, etc. Comme c’était aussi ma première BD en termes d’écriture, j’ai choisi la fuite en avant, le fait que les personnages avancent et rencontrent au fur et à mesure des obstacles de plus en plus gros. C’était ma lettre d’amour à ce que j’aimais et que je voulais montrer, avec le souhait qu’on me laisse la chance de continuer à le faire encore et encore. C’est très régressif et cathartique, parce que c’est tout ce que je voulais dessiner depuis que je suis petit. Je l’ai un peu conçue comme la BD que j’aurais aimé lire à 15 ans. Je ne m’y retrouvais pas dans le franco-belge entre les polars, les albums sérieux ou les histoires de pirates. Moi, j’aimais les robots et le Japon. Du coup c’était aussi un peu un cadeau que je me faisais.

Les petites saynètes que tu avais commencé à élaborer, tu les réutilises dans le webtoon ?

Sylvain Repos : Dans le webtoon j’ai pu caser plein de scènes d’action très verticales que je voulais faire mais qui ne marchaient pas dans mon format d’album assez compressé. Inversement, quand j’ai une bonne idée pour le webtoon mais qui ne marche pas parce que c’est un panorama, je le mets dans la BD. Je m’éclate avec ça, choisir où je place mes pions, où je raconte quelle histoire. Je travaille toujours sous forme de petits chapitres qui sont plus ou moins de petits arcs narratifs.

Comment est venue l’idée de compléter les albums par un webtoon ?

Sylvain Repos : Dargaud a reçu une proposition pour faire du webtoon, et du coup ils se sont tournés vers moi parce que j’avais une idée et un univers qui s’y prêtaient bien. J’ai pris beaucoup de plaisir à faire ce webtoon même si c’est énormément de travail. J’ai vraiment conçu mon webtoon pour qu’il se glisse entre les deux premiers tomes, qu’il soit intéressant à suivre et donne des pistes pour la suite.

Tu as toute ton histoire qui est déjà écrite ?

Sylvain Repos : Je le fais un peu comme préparer un voyage. Je sais qu’ils vont partir à tel moment, qu’ils vont visiter tel et tel lieu et qu’ils vont rentrer à tel moment, mais je me laisse de petites libertés sur le trajet. Comme j’aime bien les scènes d’action assez longues, bien découpées, il faut que je fasse de la place dans la narration : éviter des scènes un peu trop clichés, éviter de juste voir des gens marcher. Quand je le fais c’est pour montrer le décor, l’univers. J’essaie que le narratif soit en même temps que la scène de combat pour compresser et pouvoir décompresser quand il y a de l’action.

J’aime bien qu’il y ait beaucoup de narration par l’image, que les personnages ne s’arrêtent pas pour raconter l’histoire. Sur le tome 1, on m’a beaucoup reproché de livrer peu d’informations sur l’univers. Ma réponse, c’est que je peux vous raconter là ce qu’il se passe, mais que ça n’a pas d’intérêt pour les personnages de le savoir maintenant, ça ne serait pas cohérent qu’ils apprennent tout. J’ai attendu le tome 2 où il y a vraiment une rencontre avec plusieurs personnages parlants : là ils peuvent expliciter l’univers parce que c’est dans l’intérêt de cette scène d’en apprendre plus. C’était un peu le crash test du tome 1, de le faire quasi muet, avec un univers qui reste mystérieux : si les gens sont revenus pour le tome 2, normalement ils sont rassasiés du développement qu’ils y trouvent. Dans le tome 1 il y a beaucoup à voir, j’ai placé de petits indices. Le décor est laissé à l’abandon, mais on voit qu’il n’y a pas eu de guerre, ce n’est pas brûlé ou détruit par des explosions.

Ton histoire est pensée sur combien de tomes ?

Sylvain Repos : Quatre. Comme j’aime bien travailler par séquences, peut-être que ces 4 premiers tomes ne seront qu’un premier arc, mais en tout cas je me fixe toujours sur une fin. Quand j’ai écrit le tome 1, je savais comment il allait se finir. Je sais que ma narration se finira en 4 tomes, les promesses du tome 1 seront élucidées au tome 4 mais l’univers sera toujours là. Spoiler : ça ne se finira pas en cataclysme nucléaire comme ce qui va se passer dans 2 mois dans notre monde ! Je me laisse pas mal de liberté quand j’écris mais il faut toujours qu’il y ait une destination ou au moins un cap à suivre. Mais je ne voulais surtout pas m’emprisonner dans une série.

Où en es-tu du travail sur le tome 3 ?

Sylvain Repos : J’ai commencé par la couverture pour une fois, je voulais donner le ton pour tout l’album, lui donner une trajectoire et une direction artistique. Ça va partir dans un genre un peu western, déambulation de vieux rônin. Ce sera l’hiver dans la BD, avec un côté un peu Red Dead Redemption, dans les montagnes, avec des bouleaux qui dépassent à peine de la neige. Et comme il va y avoir beaucoup de fonds un peu vierges où le dessin sera très léger, je me suis dit : je vais lui faire un cheval-robot.

Sur les deux premiers tomes j’avais fait tout le story-board crayonné assez détaillé, et une fois que c’était fini et validé, j’avais fait tout l’encrage. Je me suis aperçu que je n’aimais pas forcément ça, parce que je finissais par encrer des pages que j’avais crayonnées 6-7 mois avant, et que je re-perdais du temps en recomposant à l’encrage. Là j’ai décidé de storyboarder 15 pages par 15 pages et de les encrer dans la foulée.

J’ai beaucoup évolué depuis le tome 1. J’ai fait tout le tome 2 au numérique et j’ai pu m’y habituer. Il y a plein de choses qu’avant je retravaillais trop, jusqu’à l’overdose. Je n’avais pas ce problème-là avec le premier tome comme je l’ai fait sur papier. Au numérique, comme tu peux faire un trait parfait, tu vas le chercher tout le temps, tu vas revenir en arrière jusqu’à ce que tu l’obtiennes et en fait ça rend un peu fou.

Et tu as trouvé le même bonheur de dessin au numérique ?

Sylvain Repos : J’ai mis longtemps. Je n’ai pas fait le tome 2 avec beaucoup de plaisir techniquement. J’ai beaucoup apprécié l’écrire, mais l’encrer a été laborieux au possible, alors que là sur le tome 3 je prends beaucoup de plaisir à l’encrer. Je vais un peu plus loin dans les textures que je rajoute, je fais de tout petits traits pour montrer des plis, ce n’est pas forcément un trait très narratif mais ça donne un peu de volume à mes personnages. C’est ça maintenant que je cherche au numérique, pouvoir ajouter ces petits traits que j’ai facilement sur papier, parce que c’est une sorte d’écriture. Au numérique comme tout prend du temps, tout est facilement effaçable, c’est le genre de choses qu’on abandonne ou qu’on fait très sérieusement trait après trait, et il faut retrouver le geste, il faut retrouver cette espèce de rapidité dans le mouvement.

Tu as toujours autant de plaisir à évoluer dans cet univers ?

Sylvain Repos : Là j’ai trouvé une sorte de passage secret narratif qui me permet de faire venir de nouveaux personnages, de faire avancer la narration et évoluer mon personnage principal. J’étais trop content. C’est ça qui est hyper agréable en BD : que tu les fasses aller dans la forêt ou qu’ils prennent un bateau, c’est quasiment le même temps de travail, on n’est pas sur un tournage de film où il faut réorienter tout le budget. On peut rediriger toute la narration à son opposé sur un coup de tête et c’est hyper jouissif.

Qu’est-ce que tu as pris le plus de plaisir à dessiner jusqu’à présent ?

Sylvain Repos : Moi mon rêve c’est de faire des designs de gros robots : plus il est gros, plus il est designé, plus je prends mon pied. C’est une tannée à redessiner par contre, mais par exemple j’ai conçu le camion qui est dans tout le tome 2 pour avoir envie de le dessiner. Au début je voulais faire un truc un peu Mad Max, mais il fallait pouvoir y mettre les robots et qu’un robot costaud puisse le conduire, donc d’une simple voiture je suis passé à une sorte de Kangoo du futur. Mais j’ai beaucoup aimé ce travail de conception pour que ce soit cohérent dans ma narration, que ça ait l’air futuriste et que ce soit pratique. Il y a un truc très important, c’est qu’il faut arriver à créer des silhouettes à toute chose, que ce soit reconnaissable même si tu ne dessines que le contour. C’est comme ça que je designe mes robots maintenant, du moins les personnages principaux : si je les mets à contre-jour on sait quel robot c’est. Je fais en sorte qu’ils aient une arme en particulier, qu’ils aient un caractère, une fonction narrative et une fonction dans l’équipe. Maintenant c’est ce genre de choses qui me fait vraiment kiffer : designer les choses par rapport à leur fonction dans la narration, et par rapport aux décors dans lesquels ils vont évoluer.

La couleur est superbe. Comment as-tu travaillé avec la coloriste ?

Sylvain Repos : Quand Dargaud m’a dit que je pouvais proposer qui je voulais, je leur ai parlé de Noiry, une coloriste espagnole qui fait des albums jeunesse. Elle a des couleurs fluo tout le temps, même un coucher de soleil est fluo chez elle, elle remplace le orange par du rose et le violet foncé par du bleu turquoise. En jeunesse c’est un peu la convention, on s’éclate vraiment avec la couleur, mais dans le franco-belge pour adultes on passe toujours à des couleurs un peu western avec un premier plan bleu et un arrière-plan jaune, des partis-pris assez lisibles mais moins éclatants. Je me suis dit que son style était cohérent par rapport à ce que je voulais faire, un côté néon-cyberpunk mais chaleureux. Sur les premiers tests comme j’utilisais beaucoup d’architecture de l’ère Edo elle a tout colorisé comme si c’était une estampe, et elle a mis tout ce que je déteste en BD : du blanc et des dégradés numériques. Je lui ai dit : fais comme d’habitude, et c’était parfait, il n’y a eu aucune grosse correction. Sur le tome 2 je lui ai donné peu d’indications, si ce n’est lui décrire les scènes. Elle a réussi vraiment à chaque fois à m’impressionner. Comme je me suis aussi beaucoup mis à l’aise au numérique, ça me laissait un peu plus de temps pour lui laisser un calque d’ombres. Normalement c’est à elle de faire les ombres, mais comme ça lui mâchait le travail, ça lui a laissé plus de temps pour faire autre chose sur la planche. Par exemple, dans toutes les séquences qui sont sous les arbres, c’est moi qui me suis occupé de faire l’effet Miyazaki, avec le soleil qui transperce les feuilles, et elle a ajouté un liseré autour de la lumière pour que ça donne encore un peu plus de profondeur, elle a colorisé un peu les visages pour qu’il y ait encore plus de nuances. C’était génial parce qu’elle a fait tellement plus que le maximum que j’imaginais de ce qu’elle pouvait faire. Je n’aurais jamais pu en faire autant qu’elle et en plus je n’aurais jamais eu ces idées. Sur la fin elle a vraiment eu des partis-pris de couleur où je ne savais même pas que l’on pouvait créer ce genre de gammes chromatiques. Comme sur le tome 2 mon tracé s’est un peu épaissi, les couleurs ressortaient encore mieux. Avec tout ça maintenant je sais mieux comment cerner mes traits pour le tome 3. J’espère que notre collaboration va continuer.

Est-ce que tu as déjà la couleur de la couverture du tome 3 ?

Sylvain Repos : Oui elle est faite ! Ce sera bleu et orange, avec un pantone orange. Le principe du pantone a été un peu dur à faire passer chez Dargaud. Déjà qu’ils ne savaient pas trop comment vendre ma BD, avec ce côté un peu régressif, qui évoque beaucoup du manga… Mais au final ils ont été convaincus et pour le tome 2 c’est eux qui ont proposé d’en refaire un. Pour le tome 4 j’ai des idées de couverture mais ce n’est pas encore défini ; il faudra vraiment une belle couverture de fin.

Comment as-tu vécu la réception de ces deux premiers tomes ?

Sylvain Repos : Le tome 2 m’a fait beaucoup plus plaisir en termes de retours. Sur tout le tome 1 j’avais un peu l’angoisse que les gens aient mal interprété des choses, et que du coup quand le tome 2 allait sortir ils soient déçus. Et comme ce n’est pas arrivé, les retours sur le tome 2 m’ont vraiment rassuré sur mon projet, sur ce que je savais faire, sur ma technique. Même artistiquement, c’est satisfaisant de se dire que l’on peut produire un tome 2. Sur le premier, on y va la fleur au fusil, ce n’est que de la nouveauté. Le tome 2, on y va un peu plus à reculons parce l’on sait qu’il y a des attentes, on veut mieux faire mais on se demande si on peut mieux faire. Il y a plus d’enjeu. C’est pour ça que je suis décomplexé sur le tome 3, je le fais vraiment l’esprit libre. Ce n’est pas une contrainte d’y penser tout le temps, c’est vraiment du plaisir.

Tu travailles sur quelque chose à côté ?

Sylvain Repos : En parallèle je me fais des petites pistes pour la suite sur ce que j’aimerais faire après Yojimbot. Mais je n’ai matériellement pas le temps de produire quoi que ce soit d’autre.

J’ai hâte de pouvoir m’exprimer autrement artistiquement. Avec Yojimbot il y a une sorte de plafond, je sais que je ne pourrai pas aller plus loin avec cette technique graphique. Et comme je viens d’autres écoles graphiques, que je suis plus à faire de petits traits très minutieux, je suis pressé de faire autre chose pour pouvoir un peu plus m’éclater en termes de détails, revenir sur papier, aussi. Yojimbot se prêtait très bien au numérique parce que je suis souvent à faire des grandes lignes droites et des choses comme ça, qui étaient un peu contraignantes sur papier. Mais j’ai envie de passer à la suite et d’arriver avec une vraie proposition graphique et éditoriale avec Dargaud. J’ai eu beaucoup de chance par rapport à l’éditeur avec qui je suis tombé, la maison dans laquelle je suis tombé et au final même la période : les maisons d’édition s’étaient empressées de sortir leurs nouveautés dès le déconfinement, et comme la sortie du tome 1 a été décalée de 6 mois, j’avais un boulevard devant moi, il n’y avait plus de nouveautés à ce moment-là. J’ai eu beaucoup de chance aussi que les gens aient été plus tournés vers les nouveautés en BD que vers les vieilles séries ; j’ai joué de beaucoup de petits moments de grâce.

 

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Anaïs Bon         
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# 26 juin 2022 : un festival de festivals

C'est parti pour la saison des festivals, de musique, de théâtre, de cinéma, de littérature.. tout est bon pour découvrir plein de belles choses pendant l'été ! Profitez-en.

Du côté de la musique :

"Garden Party" de Florent Marchet
"I had it all" de Maxwell Farrington & Le Superhomard
"Spleen III" de Fleur du Mal
on découvre Grandma's Ashes et Sugar Pills
"Miniatures du dedans" de Hirsute
"All indians ?" de Imperial Quartet
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et toujours :
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"Swing state" de Ben Sidran
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"Reaching out"de Cy
"Méli mélo" de Denis Gancel Quartet & Cie
"Blue songs" de Denis Levaillant
"Freedriver" de Early Spring Horses
Festival LEVITATION #9 :
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Kim Gordon le samedi
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interview de You Said Strange
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"The days of Pearly Spencer" de Listen In Bed à écouter en ligne
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les nouveautés de la semaine :
"Romance" au Théâtre Les Déchargeurs
"Mon amant de Saint-Jean" au Théâtre de l'Athénée-Louis Jouvet
"Les Tontons farceurs" au Théâtre L'Alhambra
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"Je m'appelle Momo" au Théâtre Essaion
et les autres spectacles à l'affiche

Expositions :

dernière ligne droite pour "Pionnières, artistes d’un nouveau genre dans le Paris des Années Folles" au Musée du Luxembourg
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en streaming gratuit avec :
"J'arrive" de Bertrand Basset
"Parenthèse" de Denis Larzillière
"J'ai perdu mon corps" de Jérémy Clapin
"Nuit magique" de Xaver Böhm
"Ma fille" de Laura Bispuri
"Fiertés" une sélection de films arc-en-ciel
et (re)voir des films de Rainer Werner Fassbinder
"Lili Marleen"
"Tous les autres s'appellent Ali"
et en sortie DVD-VOD: "Todos os Mortos" de Caetano Gotardo et Marco Dutra

Lecture avec :

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"Utopia avenue" de David Mitchell
"Omerta" de R.J. Ellory
"Des jours meilleurs" de Jess Walter

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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