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David Freel en quelques mots, Swell en dix chansons  mardi 12 avril 2022

Je me rappelle une imitation par Jim Putnam (Radar Bros.) du perso de David Freel en tournée : casquette sur les yeux, bras croisés, air renfrogné, pas un mot.

J'ai pu en vérifier la fidélité quelques années plus tard, lorsqu'on a joué (avec Jerri) en première partie de Swell à Toulouse. Quand j'ai expliqué à Freel que nous étions venus jouer gratuitement d'une ville à 400 km de là juste pour le rencontrer, j'ai eu un haussement d'épaules incrédule en guise de réponse, et n'ai réussi à piquer son intérêt qu'en faisant ma bichette, lui expliquant le passé minier de Saint-Étienne. "Un maire communiste, tu dis ? Maintenant, tu m'intéresses."

David Freel était si réservé qu'il en devenait caustique. Comme l'a décrit Yann Tambour (Stranded Horse) : "C'était en 2004, je me souviens lui dire, "tu sais que tu es sans doute l'une des raisons pour lesquelles je me suis mis à faire de la musique". Et lui de me répondre avec sa jovialité légendaire "Man, sorry for ruining your life..."."

David Freel était l'incarnation du paradoxe américain. Nihiliste et drôle, érudit et taciturne, chiant et génial. Sa poésie et son silence le plaçaient quelque part entre Kerouac et Debord.

Freel est mort le 12 avril 2022, à l'âge de 64 ans.

Voici une liste toute personnelle de dix chansons à écouter (playlist YouTube) pour découvrir Swell, ou pour maudire ces choix si vous êtes déjà fan (ce qui est probablement le cas si vous lisez ce texte, c'est bien toute la malédiction de ce groupe).

1. In the door up the stairs + Is that important ? (41)

Début d'album parfait. On entend Sean Kirkpatrick (l'incroyable batteur du groupe) entrer dans le bâtiment puis monter l'escalier qui mène au studio, où Freel est déjà en train de jouer en boucle les 4 accords de la chanson. Il se passe 38 secondes avant qu'il n'attaque le texte, emblématique car avare de mots, elliptique. Tout le reste est génial, à commencer par les faux départs de batterie.

2. What I always wanted (Too Many Days Without Thinking)

Sans doute la chanson préférée de pas mal d'amateurs de Swell, à raison. Cet album aurait pu être la révélation des Américains, que John Peel surnommaient "the next, next big thing". Mais ils n'ont jamais décollé du statut de groupe adulé des seuls aficionados. C'est l'époque de la Black Session ; c'est aussi une tournée où Freel ne devait pas souvent jouer sobre.

3. Oh my my (For All the Beautiful People)

L'un des trucs les plus beaux qu'ils aient jamais faits. Kirkpatrick avait quitté le groupe, notamment pour se consacrer à la peinture et parce que la cohabitation avec Freel ne devait pas toujours être simple, mais son remplaçant Rob Ellis (le batteur de PJ Harvey) faisait vivre son fantôme avec brio.

Fun fact sûr à 90 % : le bassiste Monte Vallier a enregistré 5 parties de basse différentes sur ce morceau.

4. At long last (... well ?)

C'est le morceau d'ouverture du deuxième album, et même si ce n'est pas encore aussi fin que dans 41, tout est déjà là.

Fun fact sûr à 100 % : l'album s'ouvre sur un texte d'accueil poli ("Good evening. I hope you enjoy this as I enjoyed recording it for you…") lu par le dentiste de Kirkpatrick, qui aimait bien sa voix.

5. Sunshine everyday (The Lost Album)

Chanson magnifique sur Too Many Days Without Thinking, ici dans une version alternative, où on a l'impression d'entendre la voix de Freel en creux ; c'est encore plus poignant aujourd'hui.

6. Say goodbye (Whenever You're Ready)

L'album du retour de Kirkpatrick, touchant parce que c'est une amitié retrouvée.

Fact pas très fun : Kirkpatrick s'est à nouveau barré après ça.

7. Something to do (For All the Beautiful People)

Ma chanson préférée de Swell. Tout l'album est constitué de ce genre de peintures sonores, c'est incroyable de délicatesse. Ce morceau est véritablement un voyage, où l'on croise des gens qui applaudissent au loin et même des vaches dans la cambrousse californienne. Je ne connais pas de meilleur disque à écouter en roulant.

8. Kinda stoned (41)

Le tube de Swell, en quelque sorte. Les moments de suspens sont du pur génie. Vous avez déjà monté le son à fond pendant ces pauses, pour entendre Freel dire "Okay" puis "What ?" juste avant que ça reprenne ?

Idéalement, il faudrait aussi mettre "Forget about Jesus" et "Don't give" dans une telle liste, mais bref, écoutez tout 41, que vous dire de plus ?

9. Get high (Swell)

C'est marrant, rétrospectivement, d'entendre et de voir un groupe encore plein d'espoir, et un Freel deux octaves au-dessus de ce qu'il (dé)chantera par la suite. Une fin abrupte excellente, suivie par un field recording déjà annonciateur de l'identité sonore de Swell.

10. Move on (41)

L'essence de tout Swell en une chanson.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Bastards and rarities de Swell
La chronique de l'album Whenever you're ready de Swell
La chronique de l'album Swell de The Popopopops

En savoir plus :
Le Bandcamp du label Psycho Specific Music
Le Facebook de Swell


Mickaël Mottet         
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