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Musée Maillol  (Paris)  Du 8 septembre 2022 au 5 mars 2023

Le Musée Maillol accueille l'exposition itinérante "Hyperréalisme - Ceci n'est un corps" qui achève à Paris son périple muséal qui comporte des oeuvres différentes pour chaque lieu.

Co-produite par l'Agence Tempora spécialisée dans la conception, réalisation, promotion et gestion d’expositions et l'Institut für Kulturaustausch de Berlin, organisateur d'expositions et en collaboration avec ce musée, elle présente un panel d'artistes de notoriété internationale, et plus précisément de sculpteurs pratiquant l'hyperréalisme.

Ce terme générique ne constitue pas l'expression d'un mouvement artistique concerté et théorisé mais, comme souvent dans l'Histoire de l'Art, une catégorisation "inventée" par un tiers notamment un galeriste ou un critique d'art. Ainsi, en l'espèce, son auteur est le marchand d'art belge Isy Brachot qui, en 1973, a ainsi intitulé son exposition dédiée notamment aux photoréalistes américains.

La monstration est ordonnée en un parcours déclinant les six concepts formels - Répliques humaines, Monochromes, Morceaux de corps, Jeux de taille, Réalités difformes et Frontières mouvantes - présentés comme des clés de compréhension pour le visiteur néophyte.

L'inquiétante étrangeté de l'Hyperréalisme

La monstration comporte des oeuvres réalisées depuis 1979 - et essentiellement des années 2000 - par des précurseurs historiques, John de Andrea, Duane Hanson et George Segal, aux jeunes générations dont Fabien Merelle, Patrica Piccinini et Valter Adam Casotto.

En passant par la têtes de gondole telles Ron Mueck ("Man in a sheet") et Maurizio Cattelan ("Ave Maria") auxquels des expositions monographiques parisiennes ont été consacrées, respectivement "Ron Mueck" à la Fondation Cartier en 2013 et "Not Afraid for Love" à la Monnaie de Paris en 2017.

Nonobstant les clés suscitées, la visite s'avère intéressante dans le cadre d'une mise en perspective avec l'Histoire de l'Art et la représentation du corps, en l'espèce en statuaire, dans laquelle s'inscrit la constellation hyperréaliste sans novation depuis l'Antiquité quant au rapport à la figuration et aux genres qui constituait le sujet de l'exposition "Life-Like, Sculpture, Color and the Body" au Met Breuer à New York en 2018 couvrant la période du 14ème au 21ème siècle.

En effet, le panorama non exhaustif proposé ne révèle aucune novation fondamentale tant en terme de répertoire figuratif ainsi le corps dans son intégrité corporelle avec la réplique mimétique, parfois avec un changement d'échelle ("Man in a Sheet" - Ron Mueck), ou en morceaux tels les torses ("Ordinary Man" - Zharko Basheski) et bustes antiques ("Genearl's Twin" - Carole A. Feuerman, "Andy Warhol" - Kazu Hiro) qui renvoie entre autres à la technique du fragment des maitres de la sculpture moderne dont Rodin et Bourdelle, le monochrome de fait par l'utilisation des matériaux classiques, et le corps déformé tel celui des maniéristes ("Elie" - Berlinde de Bruyckere).

De même en bougeant le curseur de la normalité telles les figures des grotesques et les chimères, le corps humain hybridé avec un un produit commercial ("Chiquita Banana" - Mel Ramos) ou un élément naturel pour un homme-tronc d'arbre ("Tronçonné" - Fabien Merelle) et les créatures génétiquement malformées("The Comforter" - Patricia Piccinoni).

Remarque identique pour les genres avec le portrait en pied ("Ethyl" - Tom Kuebler) ou en buste ("Lily" - Jamie Salmon), le nu ("American Icon" et "Dying Gaul - John Deandrea, "Kneeling woman" - Sam Jinks) et la scène de genre ("The Workers" - Duane Hanson).

Le caractère disruptif de l'Hyperréalisme réside davantage dans l'abandon des matériaux classiques de la sculpture, le bois, le métal et la pierre, même si certains y recourent encore (Berlinde de Bruyckere "Elie" - Brian Booth Craig "Executioner") et des outils et techniques du sculpteur telle la taille directe, au profit de produits de synthèse essentiellement la résine et le silicone avec la technique du "lifecasting" consistant en un moulage sur le modèle vivant.

Egalement en procédant à la manipulation des images (Evan Penny "Self Stretch" - Evan Penny) ou en appliquant aux nouvelles technologies numériques ainsi pour la sculpture sonore ("Ne me quitte pas, Mathilde, Mathilde" - Mathilde Ter Heijne) et la sculpture cinématographique avec visage animé ("Jonathan" - Glaser/Kunz).

D'autre part, protéiforme, la représentation "life-like" est sous-tendue par des préocupations conceptuelles différentes parfois paradoxales avec deux éclairantes citations inscrites en exergue dans le parcours de la monstration.

Celles de Sam Jincks ("Le rêve est de faire un jour une oeuvre qui a le même pouvoir sans lien avec la religion, qu'une peuvre religieuse. Pour tout le monde") et de Duane Hanson '("Le but d'une oeuvre n'est pas qu'elle soit jolie mais qu'elle soit porteuse de sens") qui invite à réflexion sur la dimension sacrée et symbolique de l'art et la rupture avec l'idéal de beauté pour une esthétique du laid.

Ainsi entre la quête du simulacre, la représentation d'états émotionnels ("Cornered" et "Embrace" - Marc Sijan) et la critique sociétale en usant de la sculpture-installation telle celle de prédilection de Maurizio Cattelan la sculpture-installation ("Back to square one" - Peter Land)

A noter d'autres oeuvres insérées in situ dans la collection permanente du musée.

 
En savoir plus :

Le site officiel du Musée Maillol

Crédits photos : © MM


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