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puce Vania/Vania ou le démon de la destruction
Théâtre de la Tempête  (Paris)  septembre 2022

Comédie dramatique d'après l'oeuvre d'Anton Tchekhov, adaptation de Moustafa Benaïbout, Louise Coldefy et Clément Poirée, mise en scène de Clément Poirée, avec John Arnold, Moustafa Benaïbout, Louise Coldefy, Elsa Guedj, Thilbault Lacroix, Matthieu Marie, Emmanuelle Ramu et Tadié Tuéné.

Davantage qu’une adaptation du célèbre "Oncle Vania" d’Anton Tchekhov, "Vania/Vania ou le démon de la destruction" est une plongée vertigineuse et à mots ouverts dans les affres de la création et l’art de la narration.

Quelle part de l’auteur se retrouve dans son oeuvre ? Que disent de lui ses personnages et son intrigue? A partir de quel moment échappent-ils à leur créateur et transcendent-ils leur nature pour devenir des figures universelles ?

Pour répondre à ces questions, Clément Poirée, accompagné à l’écriture de Moustafa Benaïbout et Louise Coldefy, s’est penché sur deux pièces de Tchekhov écrites à 10 ans d’intervalle : "Le Génie des bois" (1889) et "Oncle Vania" (1897). Il s’agit en effet de deux versions d’une même oeuvre - similarité d'intrigue et de protagonistes - avec cependant deux différences majeures.

Dans la première, le médecin est un jeune idéaliste qui se sent encore capable de vivre et d’aimer dans un monde en décomposition. Dans cette version Tchekhov tourne le pistolet de Vania contre lui-même, permettant ainsi une fin heureuse pour le docteur et la jeune Sonia.

Dans "Oncle Vania", le brave médecin a vieilli. Sa vitalité s’est usée contre la dureté du monde et à bout de souffle son idéalisme est lui aussi en pleine décrépitude. Vania tire mais se rate, évitant ainsi le drame mais également l’espoir du monde d’après. Émerge ainsi une troisième pièce, celle du cheminement intime de l’auteur.

Pour le décrire Clément Poirée se place du point de vu de l’écrivain en le dédoublant : il y aura donc Moustafa Benaïbout d’une part, l’idéaliste, et Louise Coldefy d’autre part, la fataliste. Deux scénaristes enfermés dans un cottage à la campagne pour boucler en 5 jours et 5 nuits un récit sur lequel il ne sont d’accord sur rien.

De confrontations de points de vue en ré-écritures intempestives, deux récits presque identiques mais aux colorations très différentes émergent et les personnages finissent par prendre vie sur scène. Ces apparitions émergent d’elles-mêmes, entremêlés d’éléments tirés de la vie des deux écrivains.

Tel personnage est le voisin bavard auquel on ne peut échapper de l’une ou le mari de l’autre. Nos auteurs eux mêmes finissent par se projeter dans certains de leurs personnages, marquant ainsi un peu plus la perméabilité entre fiction et réalité.

Pour figurer ces deux univers, Clément Poirée, qui réalise également la mise en scène, a imaginé deux jeux de costumes (signés Hanna Sjödin) et de lumières (réalisées par Guillaume Tesson) pour installer une ambiance d'inspiration western avec des matières naturelles et des tons chauds et un monde futuriste tout en nuances de cuirs et de gris-bleu jouant beaucoup sur les clairs-obscurs. 

La scénographie d’Erwan Creff, basée sur la modularité du décor, permet aux meubles de glisser et de se ré-agencer au gré des besoins de la mise en scène permettant les aller-retours incessants entre la fiction et la réalité dans une mise en abîme ingénieuse. En fond de scène une façade en bois figurant une grange s’éclaire et s’ouvre pour marquer l’entrée en scène des personnages de Tchekhov tout en annonçant l’univers dans lequel ils évoluent.

Les comédiens jonglent avec aisance entre les différentes partitions et nuances que demandent les deux types d’écriture. Matthieu Marie est particulièrement saisissant dans le rôle du médecin dont il capture toute l’ambivalence de l'idéaliste désabusé. Elsa Guedj se détache également par son candeur désespérée, tout comme Louise Coldefy dans son incarnation d'une Elena et d'une scénariste enfermées dans leurs tiraillements entre devoir et pulsion de vie.

Nonobstant sa durée conséquente (2h45), le spectacle embarque néanmoins aisément les spectateurs dans sa singulière bipolarité, en partie grâce à son caractère ludique, en partie grâce à la qualité de sa réalisation et à l'interprétation sans faille de ses interprètes.


 

Cécile B.B.         
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# 4 décembre 2022 : L'hiver approche

Dernier mois de l'année, en attendant les coupures électriques, cultivons nous, il nous reste au moins cela, et puis cela donne des idées de cadeaux. La dernière Mare de l'année sera le 9 décembre mais le 23 nous serons là pour faire un petit bilan de l'année. En attendant, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Kaleidoscope" de Alba Obert
"La distance" de Coriolan
"On shoulders we stand" de David Linx, Matteo Pastorino, Guillaume de Chassy
"X" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
"Hysteria" de Indigo Sparke
"Rêve bohémien" de Jérémy Dutheil & Solal Poux Quartet
"Blood harmony" de Larkin Poe
"Pour Clarisse" est la 10eme émission à écouter de la saison 4 de Listen In Bed
"Même si" de Olivier Triboulois
"Pourquoi" de Philip Catherine, Paulo Morello et Sven Faller
et toujours :
"Alpha zulu" de Phoenix
"Born in chaos" de Absurd Heroes
"Le monde d'après" de ALT (Alix Logiaco Trio)
"Le ciel est partout" de Blaubird
"Gainsbourg" de Brussels Jazz Orchestra & Camille Bertault
"Se taire et écouter" de Daniel Jea
"Constellation" de David Bressat
"The cage and the crown : chapter 1" de Headkeyz
"Promenade oblique" l'émission à écouter signée Listen In Bed
"Deep marks" de Mind Affect
"Chant contre champ" de Naudin
"Karma police" de Théo Cormier

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Pièce sans acteur(s) au Monfort Théâtre
"Carnet de la dernière pluie" au Théâtre du Rond-Point
"Toute l'Histoire de la peinture moderne en moins de deux heures" au Théâtre Le 13ème Art
"Farf is a..." au Théâtre Les Déchargeurs
"Gretel, Hansen et les autres" au Théâtre de la Colline
"Peer Gynt" au Lavoir Moderne Parisien
"Les 7 nuits d'une reine" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Exil intérieur" au Théâtre de la Reine Blanche
"3clowns" au Théâtre Trévise
"Je ne suis pas de moi" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Il n'y a pas d'Ajar" au Théâtre du Rond-Point
"Les Soeurs Papilles" au théâtre Le Lucernaire
"Je ne cours pas je vole" au Théatre du Rond-Point
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

"Sur les routes de Samarcande - Merveilles de soie et d'or" à l'Institut du Monde Arabe"
"Arts et Préhistoire" au Musée de l'Homme
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en salle :
"Kanun, la loi du sang" de Jérémy Guez
en streaming gratuit :
"L'été où mon père disparut" de Hans Petter Moland
"Crooked Lines" de Rita Nunes
"Ema" de Pablo Larraín
"Hyperland" de Mario Sixtus
et le cinéma de Wim Wenders en 5 films

Lecture avec :

"Faites un voeu" de Jakula Alikavazovic
"Je bande donc je suis" de Sainte Paluche
"Patricia Mazuy, l'échappée sauvage" de Gabriela Trujillo, Séverine Rocaboy & Quentin Mével
"Sans un bruit" de Paul Cleave
et toujours :
"L'histoire de l'hiver qui ne voulait jamais finir" de Shane Jones
"Black Bird" de James Keene & Hillel Levin

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Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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