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Igor Miniaev  (mars 2024) 

Réalisé par Igor Miniaev. Drame. Sortie le 28 février 2024. 93 minutes. Avec Isabelle Huppert, Boris Nevzorov, Svetlana Krioutchkova.

On n'a pas encore vécu la moitié de la décennie 2020-2030, et l'actrice de Violette Nozières a déjà tourné plus d'une quinzaine de films, poursuivant sa boulimie de tournage au même rythme infernal qu'à ces débuts en 1971.

Pas étonnant si l'un de ses films les plus étranges, "L'Inondation", tourné en 1993 en langue russe et adapté d'une longue nouvelle d'Evgueni Zamiatine, une fable très noire, ne soit pas cité parmi ses performances marquantes, d'autant plus que la carrière assez erratique de son réalisateur, Igor Miniaev, , n'a pas contribué à la renommée du long métrage.

Si l'on a lu Nous autres, le chef d'œuvre de Zamiatine, on sait qu'on est devant l'un des grands écrivains russes de la première moitié du vingtième siècle, qui aura connu à la fois les persécutions tsaristes et communistes, lui qui fut d'abord bolchevik avant de rompre en 1917 et de s'exiler en France en 1931, On imagine que les années 1920, période pendant laquelle il rédige L'Inondation , furent pou lui très compliquées et que le climat du roman en est le reflet.

Dans "L'Inondation", Sofia est une femme sans enfants. Elle a presque 40 ans et accepte de recueillir une orpheline, Ganka. Mais elle finit par comprendre que son mari est attiré par cette adolescente, cette presque femme. Dès lors, tout tangue dans le couple, alors que la Neva connait une crue inédite.

Le film d'Igor Miniaev , rempli de personnages taiseux, pourrait presque se passer de paroles et sa grammaire cinématographique contient des plans qui rappellent les grands maîtres du muet soviétique. Le mari de Sofia, Trophime, est joué par Boris Nevzorov , un acteur russe, solide, bâti pour incarner les héros prolétariens. Dans une scène où il est au travail, il répond parfaitement à la vision que le cinéma russe classique donne de l'ouvrier d'élite. D'ailleurs, Boris Nevzorov finira "artiste du peuple" de la Fédération russe.

Produit par Erato, la société dont Daniel Toscan du Plantier était le directeur, le film ne dispose pas d'un budget très important et l'on se dit qu'avec plus d'argent, le Trophime idéal aurait pu être le partenaire moult fois récurrent d'Isabelle Huppert depuis Loulou de Maurice Pialat : Gérard Depardieu.

Peut-être que la reconstitution de ce couple mythique aurait permis au film d'avoir plus de visibilité, mais on y aurait aussi perdu en authenticité. Si Huppert parle peu, elle s'exprime quand même en russe et on s'en doute, elle réussit parfaitement à se glisser dans son rôle de femme soviétique, à lui donner toute sa densité, à rendre crédible son couple avec Trophime.

Elle suit sans problème son réalisateur qui quitte parfois le tout expressionnisme et tente de l'aérer par des plans plus baroques, des télescopages presque surréalistes, qu'on lit dans les tenues raffinées de son héroïne qui ne correspondent aux vêtements d'une femme d'un ouvrier, tout comme les lieux où ils résident qui s'apparentent par moments aux pièces d'un palais pétersbourgeois Et puis, tout à coup, l'esthétique change totalement quand Sofia assassine Ganka.

Alors que jusque-là, la photo du film semblait sans couleurs, et que l'on pouvait même parfois imaginer que certaines scènes avaient été d'abord tournées en noir et blanc et ensuite retouchées avec un procédé de colorisation de mauvaise qualité, on a maintenant sur l'écran des couleurs plus nettes et plus tranchées, Ainsi un rouge vif domine les plans où surgit le cadavre ensanglanté de Genka, puis un blanc très pur dans les scènes d'hôpital.

Grâce à ce film peu vu, on retrouve une Isabelle Huppert dans l'invention et le plaisir de jouer, loin de ses dernières prestations toujours routinières, toujours attendues. Là, au contraire, dans une langue étrangère, un film lui aussi étrange, elle convainc, émeut, royale dans un final époustouflant, presque opératique.

 

 


Philippe Person         
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