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Adam Kesher - Kutü Folk - Kid Bombardos - Mustang - Les Hyènes - Les Elderberries - Magnetix - Cocoon  (Paris, Parvis de l'Hôtel de Ville)  vendredi 31 juillet 2009

En ce dernier jour de juillet, la scène du festival Fnac Indétendances installée sur le parvis de l’Hotêl de Ville, se transforme exceptionnellement en ring.

Le combat oppose ce soir deux villes de renom, Bordeaux à Clermont-Ferrand. L’enjeu de ce combat inédit, le titre poids lourd de la ville la plus rock de France, pas moins. Quant aux armes à disposition des deux cités, elles ne sont autres que les guitares.

Et pour l’occasion, les organisateurs ont spécialement fait appel à un arbitre/présentateur tout particulier, l’amuseur public Nicolas Ullman. Voilà pour le contexte. Mais passons tout de suite aux choses sérieuses ! Ladies and gentlemen, il est 17h30, place à la baston rock n’ roll !

Ce sont les bordelais d’Adam Kesher qui lancent les hostilités. Il n’est jamais simple pour un groupe de démarrer un festival, mais la tâche est encore moins aisée pour eux, puisque la scène est encore baignée de soleil (qui tape dur) et la foule est encore éparse, partiellement avachie sur la moquette bleue électrique installée au sol pour l’occasion (pour protéger le bitume ?).

Les garçons se disent très heureux "de participer à Intervilles, un rêve de gamin qui se réalise". Lard ou cochon, on ne saura dire. A notre grande surprise, leur électro-rock sauvage des débuts fait ponctuellement place à des compositions plus mid-tempo tirant vers le post-rock, mais aussi à des titres post-punk nerveux. Tout ceci n’est pas pour nous déplaire, mais cette sinuosité musicale fait disparaître la fraîcheur et l’énergie (encore juvénile) qu’on leur connaissait.

Malheureusement, ce style tranchée conquiert difficilement le public et encore moins le badaud. Après moins d’une dizaine de titres, et sans avoir jouer leur tube des débuts "Modern Times", les Adam Kesher quittent la scène sans nous avoir laisser de temps de nous faire réellement un avis.

S’en suit le collectif Kutü Folk clermontois. On ne va pas s’en cacher, ces musiciens talentueux sont nos chouchous ! Et ce n’est pas ce soir qu’ils vont nous décevoir ! Sur scène, des membres du Delano Orchestra, de St Augustine et de Leopold Skin.

En tout, une dizaine de musiciens, guitaristes, violoncelliste, trompettiste… se partagent la scène. Le festival commence vraiment avec eux.

Il faut dire que leurs compositions folk conviennent parfaitement au lieu et à l’atmosphère.

Le collectif joue en alternance les balades folk-mélancolique de Leopold Skin, les douceurs pop de St Augustine et les élans folk-post-rock de Delano Orchestra.

C’est un enchantement absolu, un mélange de leurs genres magnifiquement orchestré, en bref une totale réussite. Les passants s’arrêtent, la foule se fait plus dense et les applaudissements vraiment enthousiastes.

Peut-être ne vous l’a-t-on pas encore assez dit, mais les quatre groupes qui composent ce collectif (on citera également Pastry Case, absent ce soir) sont de véritables bijoux que vous devez absolument découvrir, si ce n’est pas encore fait !

Bordeaux reprend ensuite la main avec Kid Bombardos, dans un style pop-rock plus convenu mais bouillant d’énergie.

Le combo se défend plus que bien et enchaîne les titres déclenchant enfin l’excitation du public. Voilà un groupe qui se place en adversaire sérieux de Clermont-Ferrand.

Mais au fur et à mesure, on ne peut s’empêcher de penser aux Strokes. Le mimétisme est tel, jusque dans la voix, que cela en devient franchement troublant.

On sait pourtant que les bordelais revendiquent des influences beaucoup plus éclectiques, comme le Velvet, Jesus and Mary Chain, les Beatles… mais là franchement, c’est Julian Casablancas et ses sbires qui ont pris le pas sur tout le reste. Bon il y a pire comme comparaison et il est vrai que l’enthousiasme ambiant fait (un peu) oublié la gêne.

Contre-attaque de Clermont avec Mustang. Ce groupe est un véritable anachronisme vivant. Aussi bien dans leur style musical, du rock n’ roll–rockab vintage, que dans leur look d’époque (la banane, la chemise ouverte et le jean retroussé).

Rien de nouveau donc, mais les trois garçons ont suffisamment de talent pour éviter l’écueil de la simple caricature d’Elvis. Le chant étant en français, oui madame, on peut se régaler de paroles simples mais souvent sexy.

On (re)découvre avec joie "Sexy Symphonie", "Chérie de mon cœur", "Le pantalon", puis le trio finalise son set comme à l’accoutumé avec plusieurs morceaux agrémentés de quelques notes de synthé, "En arrière - En avant". Démontrant ainsi qu’ils ne sont pas butés et que la modernité a aussi sa place dans leurs compositions.

Sur le ring maintenant, Les Hyènes. Ils sont les doyens et les parrains des groupes bordelais pour la soirée. La formation compte en son sein deux grands noms, deux membres de Noir Désir, à savoir Denis Barthe et Jean-Paul Roy. Ne les ayant jamais vus ni entendus, on en attend beaucoup.

Quoi dire à part que tout ce barnum était des plus terrifiants. La caricature du groupe de rock français sans intérêt faisant beaucoup de bruit pour se convaincre du contraire. Un mauvais punk-rock daté (80’s) avec un chant en français gênant.

La grosse déception de la soirée. Pire, pour combler leur set, les mecs ne font pas une, ni deux, mais trois reprises : "Its a long to the top if you wanna rock n’ roll" d’AC/DC, "I wanna be your dog" des Stooges et "Ace Of Spades" de Motörhead. Sympa mais à la limite du putassier. Depuis, on a également appris que Les Hyènes étaient ponctuellement le backing band de… Cali… No comment.

Passons vite à autre chose. Les Elderberries par exemple, pour l’équipe clermontoise. Le quintet nous avait servi un excellent premier album de pure essence hard-rock (véritable et de bon goût celui-ci), mais nous a récemment déçu avec leur dernier né, moins poilu (bien que la moustache fasse partie intégrante du nouveau concept) et clairement designé pour la FM.

Et bien la prestation scénique de ce soir nous réconcilie franchement. Chris au chant est une bête de scène, difficile de ne pas se rendre compte qu’il est ici dans son élément. Même les titres du nouvel album sont interprétés avec la rage de leur début, conférant ainsi au set une unité qu’il n’avait pas eu lors de leur prestation à La Boule Noire en début d’année. Le public apprécie sans conteste le spectacle et la déferlante de tubes heavy-rock.

La scène est de nouveau entre les mains de Bordeaux, avec Magnetix. On reste dans la rage rock n’ roll mais cette fois, sur la forme d’un duo guitare/batterie/masculin/féminin. A vrai dire, il n’est pas vraiment question d’énergie mais plutôt de violence. Du garage-punk-rock d’une qualité et d’une virulence exceptionnelles.

Le chanteur/guitariste Looch Vibrato crache ses paroles, en français comme en anglais, alors que madame Aggy Sonora tape les fûts avec force et précision. Rien à jeter dans leur set list "Mort Clinique", "Living In A Box", "Positively Negative", que du bon et de l’efficace. Installés dans la partie de la fosse la plus hystérique, difficile de se rendre compte si le badaud au loin adhère à tant de décharges électriques. Probablement une question que le duo ne se pose pas, puisque jusqu’à la fin du set, il envoie le bois sans relâche. Superbe show des bordelais, on guette d’ores et déjà leur prochaine date parisienne.

Pour conclure, c’est Clermont-Ferrand qui envoie son dernier concurrent, Cocoon. Un autre duo, mais celui-ci officie dans un style tout autre, le folk-pop. Un retour au calme un peu abrupte après tant de décibels rock.

Cocoon est le parrain clermontois pour la soirée. Rien d’étonnant puisqu’ils bénéficient depuis quelque temps déjà, d’une notoriété certaine. Une notoriété qui se transforme en succès dès lors que les deux jeunes gens se mettent à entonner leurs tubes "On My Way" et "Chupee". Ils amuseront aussi nos oreilles avec cette reprise d’Outkast "Hey Ya".

Un concert parfaitement maîtrisé mais un peu trop mignon, pour être complètement enthousiasmant.

Fin de la battle et c’est sans grande surprise que Clermont-Ferrand remporte le titre de la ville la plus rock de France. Nous applaudissons chaudement le verdict, puisqu’il était également le nôtre à l’issue de ce beau et bon combat. A l’année prochaine pour la remise en jeu du titre !

 

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En savoir plus :
Le site officiel du festival FNAC Indétendances
Le Myspace du festival FNAC Indétendances

Crédits photos : Camille Promérat


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