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Michel Didisheim  (Editions Alphée)  février 2010

Pour le sourire d’une tortue de Michel Didisheim, suite de Tu devais disparaître. A priori, l’ouvrage peut se lire séparément du premier. Ce que j’ai fait, mais je ne saurai pas vraiment dire si la lecture du premier manque au deuxième, pour la simple raison que je n’ai pas lu le premier. J’ai par contre passé tout le bouquin à me demander "mais qu’est-ce qu’il veut raconter à la fin ?".

Le livre commence en 1995, par un enterrement, des doutes et des questions. Puis, un grand bond dans le passé nous amène en 1948, dans la peau d’un aristocrate allemand : Conrad Falk, qui a des doutes et des questions. A savoir, l’a-t-Elle trompé avec ce type ? Donc, l’histoire d’un amoureux du XXème siècle, hanté par le souvenir d’une seule femme, de celles qui rendent toutes les autres fades et sans intérêt. Cette femme, Valérie, arrière-petite-fille de la grande Victoria, cachée à sa naissance dans une famille juive d’Europe occidentale, assaillie de doutes et de questions, qui a aimé Conrad, qui a rompu la première, qui s’est suicidé le croyant mort.

Oui, mais non, quelques pages plus loin, aucune trace de Valérie, aucune trace de Conrad, juste un récit au kilomètre de la guerre d’Indochine, du traitement des prisonniers, de la désintoxication idéologique, de la rééducation politique subies dans les camps. Donc, un livre documentaire entrecoupé de la quête de Conrad pour reconstituer l’emploi du temps de sa défunte amante, un Conrad obsessionnel du détail, qui frise la monomanie : "M’a-t-elle trompé avec ce Jugaw ?".

Oui, mais non, Conrad raconte ensuite son désir de revoir Valérie, de l’émouvoir, de comprendre son geste de rupture insensé. Il raconte aussi la guerre froide, les manipulations des services secrets communistes face aux services secrets franco-britanniques tout aussi manipulateurs. Les fausses déclarations et les doubles jeux auxquels il joue malgré lui. Tantôt rapide, balayant plusieurs années en trois mots, tantôt long (et ennuyeux même, n’ayons pas peur des mots), décortiquant, repassant plusieurs fois la même scène (ou bien je me suis endormie et j’ai relu les mêmes pages plusieurs fois ? Je vais enquêter).

Finalement, la seule raison pour laquelle ce livre est estampillé tome 2, c’est qu’il reprend les mêmes personnages que le tome 1, comme si l’auteur n’avait pas su se séparer de ses acteurs, de ses créations. J’ai achevé la lecture avec des doutes et des questions. Même si je n’aurai pas su faire mieux, ni même en faire autant, le fil conducteur est trop ténu pour tenir le lecteur éveillé, perdu au milieu de l’Histoire trop bruyante qui mérite mieux qu’une description documentariste et amorphe. Pas facile de raconter l’Histoire quand le héros de l’histoire n’en est pas un Héros.

L’auteur a-t-il saisi le prétexte de l’homme qui cherche des réponses à "La femme que j’aime à travers la mort a-t-elle trahi ?", pour peindre l’histoire du siècle qui s’est définitivement terminé le 11 septembre 2001 ? Ou décrire l’évolution du monde depuis la chute du IIIème Reich n’est-il qu’un prétexte pour partager pudiquement une question qui l’a hanté pendant toutes ces années, histoire de le décharger du fardeau de la culpabilité ?

Ne pas lire pour l’histoire d’amour, ou alors pour s’en dégoûter et se suicider de suite.

Ne pas lire pour le récit historique, ou alors pour risquer de s’endormir et de relire dix fois le même passage.

Et pourtant, il y a quelque chose qui ne laisse pas indifférent dans ce bouquin. Un puissant hommage aux destins brisés par les guerres, quelles qu’elles soient.

 

Nathalie Bachelerie         
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# 29 janvier 2023 : Culture pour tous !

Cette semaine encore on fait le plein de nouveautés à lire, à voir, à écouter et à applaudir. Vous pourrez aussi revoir le concert et l'interview de Julie Gasnier et finir la semaine avec la 60eme MAG en direct. Voici le sommaire.

Du côté de la musique :

"Cacti" de Billy Nomates
"Quadrachromie" de Bat
"Bach / Rachmaninov" de Guilhem Fabre
"Un violon dans l'histoire" de Isabelle Durin & Michaël Ertzscheid
"Les 10 chansons préférées de Maxime Chamoux" c'est le nouveau podcast de Listen In Bed
"An unexpected Mozart" de Louis Noel Bestion de Camboulas & Ensemble Les Surprises
"Prokofiev Violins Concertos" de Maria Milstein, Phion Orchestra & Otto Tausk
"Mendelssohn : Complete String Quartets Vol.1" de Quatuor Van Kuijk
Paddang, Skopitone Sisko, Madam, Gliz et dropdead Chaos à découvrir
et toujours :
"Tout s'efface" de Cancre
"Schumann" de Fabrizio Chiovetta
"Translation Mao" de Gaspard Guerre
"Turn the car around" de Gaz Coombes
quelques news de Haylen, Archie Deep, Le Grand Mal, Rivière et Treponem Pal
"Agni Kunda" de Isil Bengi
"Daisy" 15eme émission de Listen In Bed à écouter sans modération
"Empire of dust" de Mojo Sapiens
"Peter Pan ou la véritable histoire de Wendy Moira Angela Darling" de Patrick Burgan
"Insomnia" de Sker

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Familie"au Théâtre de la Colline
"A la vie, à la mort" au Théâtre du Rond-Point
"Quai des Orfèvres" au Théâtre du Petit-Montparnasse
"Place de la République" au Théâtre Athénée-Louis Jouvet
"La Tempête" au Théâtre de la Huchette
"Le Repas des fauves" au Théâtre Montmartre-Galabru
"Le Pied de Rimbaud" au Studio Hébertot
"On n'est pas là pour disparaître" ai Théâtre 14
"Ombre (Eurydice parle)" aux Plateaus Sauvages
"Tenir jusqu'à l'aube" au Lavoir Moderne Parisien
"J'aurais voulu être astronaute" à la Comédie de Paris
les reprises :
"L'Affaire Dussaert" au Théâtre Essaion
"Pièce" au Monfort Théâtre
"Respire" à la Piccola Scala
"Une Vie" au Thépatre Essaion
"3clowns"au Théâtre Trévise
et les autes spectacles à l'affiche

Expositions :

"Hyperréalisme - Ceci n'est un corps" au Musée Maillol
en vidéo la visite commentée de "Louis XV : passions d’un roi" au Château de Versailles
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en salle :
"Amore Mio" de Guillaume Gouix
en streaming gratuit :
"L'Apparition" de Xavier Giannoli
"Les fleurs amères" d'Olivier Meys
"Un beau voyou" de Lucas Bernard
"Inner Wars" de Masha Kondakova
"Diamant noir" d'Arthur Harari
Karine Viard en 3 films

Lecture avec :

"A prendre ou à laisser" de Lionel Shriver
Exposition de Julie Doucet à Angoulême
Anaïs Schenké - Yvan Agalbé - David Snug au Off d'Angoulême
"Les derniers jours de Staline" de Joshua Rubenstein
"Les heures abolies" de Lou Darsan
et toujours :
"Demokratia : une histoire de la démocratie" de Paul Cartledge
"La dernière ville sur terre" de Thomas Mullen
"Le roitelet" de Jean François Beauchemin
"Roca Pelada" de Eduardo Fernando Vareia

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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