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puce Carmen Maria Véga - Loïc Lantoine
Le Transbordeur  (Villeurbanne)  vendredi 19 novembre 2010

Crise de mauvaise foi au transbordeur

Chère Carmen,

Je n’ose écrire "très chère Carmen", vu qu’invité par C’Kel prod, tu ne m’as rien coûté pour l’occasion. Comme tu le sais, en ce bas monde il n’est pas de petite économie… Pour autant je ne peux me résoudre à entamer cette correspondance par "Carmen gratuite" ou "Carmen exonérée" par peur, en ces périodes de troubles sociaux, d’attaques en direction de ma personne, pour cause de privilèges abusifs ostensiblement affichés… Tu sais comment sont les pauvres ! Mais rassure-toi Carmen, ma rigueur éthique de chroniqueur, mon immense intégrité morale et mon honnêteté intellectuelle sans faille m’ont forcé à la plus grande vigilance pour ne pas abuser de la situation. Aussi je suis arrivé bien après le milieu de ton concert, me préservant ainsi de toutes accusations désagréables !

Permets-moi de t’écrire, Carmen, en tout premier lieu, que j’ai trouvé ce bout de concert de 40 minutes bien court ! Je suis bien heureux de ne pas avoir payé ! Ne serais-tu pas en train de te faire influencer par les revendications anarcho-syndicalistes de vagues intermittents du spectacle, qui poussent la provocation jusqu’à afficher sur scène, dans un élan de populisme machiavélique, un vert maillot de l’ASSE, pour s’attirer les faveurs du public et te tenir encore un peu plus en otage chaque jour ! Méfie-toi Carmen… Tu sais comment sont les pauvres… Matthieu Côte t’avais prévenu ! Quoi qu’on leur dise, et surtout quand on leur parle de foot, "ils disent OK… Qu’est-ce qu’ils sont cons !".

Tu as intérêt à remettre de l’ordre dans tout ça ! Oui Carmen, rappelle-leur, à ces graines de terroristes socialo-comploteurs, encore et encore, ces principes sacrés que tu défends avec ardeur : "Hiérarchie, hiérarchie, ma chérie" !

Rappelle-leur qui est la patronne ! Et rappelle-le à tous… Car maintenant qu’on en parle... Ne trouves-tu pas comme moi, que tes musiciens aussi commencent à prendre un peu trop de liberté ? Tout le monde chante, tout le monde salue… et pourquoi ne pas mettre leur nom sur l’affiche aussi ! Méfie-toi de ces gens, Carmen... Envoyés par le Komintern, ils ont commencé à t’amadouer en excellant, qui à la batterie, qui à la contrebasse, qui à la guitare, et puis petit à petit, centimètre par centimètre ils gagnent un peu plus de place sur scène, ces petits vicieux…

Méfie-toi particulièrement du grand là, Max, qui, sous prétexte qu’il écrit et compose pour toi, se prend pour un intouchable ! Il ne recule devant rien. Il te traite de "menteuse", se moque de tes "antidépresseurs"… Carmen, toi qui a largué Brad Pitt et Johnny Depp, que t’embarrasses-tu de ce petit personnel ? Ce Max porte sur son visage cette déviance calculatrice et je le soupçonne de travailler en sous-marin pour te pousser vers la sortie… Ne prend-il pas déjà ta place au chant pendant le concert ? Ne chante-t-il pas déjà ses compositions personnelles à ton public ? Et puis je te le demande Carmen, peut-on avoir confiance en un homme qui "aime la chanson française à la sauce béarnaise" ? Et s’il commence à affirmer qu’il "aime la chanson rebelle à la sauce béchamel", il ne reste qu’un pas avant qu’il ne te double pour affirmer qu’il préfère la chanson en solo à la sauce marengo !

Et le public dira : "OK…" Qu’est-ce qu’ils sont cons ! Parlons-en de ce public… trop nombreux ! C’est insupportable… impossible de circuler tranquillement dans cette salle. Et que ça hurle, et que ça gesticule, et que ça chante ! Carmen, tu as raison, nous vivons dans "une société de fous" ! Bon OK, cette date préfigurait la fin de ta longue tournée. Bon d’accord tu jouais pour l’occasion un peu chez toi, en famille, à Lyon… Mais était-ce vraiment une raison pour venir si nombreux et si excités ? Les gens ne sont pas raisonnables… Ils crient avec toi que "la jeunesse est perdue", ils pleurent en bord de scène les méfaits de "la picole", ils scandent que "les gens sont gentils" bras au ciel… Mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent ! "Des fois il vaut mieux se taire, à vouloir bien faire, on aggrave son cas…" ! Bien dit Carmen ! Remarque ça n’a pas vraiment calmé tes amis… Enfin ces gens qui ont dû te croiser une fois à Lyon il y a quelques années et qui viennent se pavaner crânement au milieu de la fosse en poussant des hurlements de connivence pour mieux profiter à leur niveau d’un moment de gloire indirecte…

Bon… Et bien ça marche ! Je suis encore vert de jalousie… Jalousie qui a atteint son paroxysme quand Loïc Lantoine et sa bande de petites frappes sont entrés en scène pour finir le concert en ta compagnie ! Serais-je le seul dans cette salle à ne pas être ami avec toi Carmen ? Tu ne m’as pas adressé un regard de tout le concert – enfin le bout auquel j’ai assisté. Pourtant nous nous connaissons bien, nous nous sommes vu au festival Paroles et Musique il y a quelques mois. Nous avions vécu ensemble un moment intense ! Si, si, rappelle-toi Carmen… Tu étais sur scène… et moi au 18ème rang… à gauche… J’avais un pull noir… Non ? Bon tant pis…

De toute façon, en réalité, Carmen, je ne souhaite pas vraiment compter parmi tes amis. Et ce pour deux raisons. Un, parce que je boude et que je fais ce que je veux. Et deux, parce que la Carmen forte en gueule, punk, agressive, provocatrice, à la voix hors du commun, à l‘interprétation juste à tous les coups, cette Carmen scénique me va bien, très bien. Et si on imagine derrière le maquillage une autre Carmen, plus douce, moins sûre, une Carmen de l’intime sous la croûte épaisse, celle qui parfois pointe le bout de son nez en toute fin de chanson, l’espace d’une seconde, celle qui est touchée par ce qui lui arrive, reconnaissante du travail de chacun, cette Carmen mérite de vibrer en coulisse entourée de son petit monde.

Carmen, je conclus quand même en te confessant que je suis en fait très déçu que tu ne m’aies pas attendu pour commencer ton show mais que je ne t’en veux pas car, si ce courrier ne vaut pas une chronique, ces 40 minutes de concert valaient bien 4 heures de la plus grande symphonie !  Et la prochaine fois je te le dis, peu importe la hiérarchie je serai là à l’heure… Même s’il m’en coûte tout l’or du monde, très chère Carmen…

 

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En savoir plus :
Le site officiel de Carmen Maria Vega
Le Facebook de Carmen Maria Vega
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Crédits photos : Cyril Hortala


Cyril Hortala         
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# 4 décembre 2022 : L'hiver approche

Dernier mois de l'année, en attendant les coupures électriques, cultivons nous, il nous reste au moins cela, et puis cela donne des idées de cadeaux. La dernière Mare de l'année sera le 9 décembre mais le 23 nous serons là pour faire un petit bilan de l'année. En attendant, voici le programme.

Du côté de la musique :

"Kaleidoscope" de Alba Obert
"La distance" de Coriolan
"On shoulders we stand" de David Linx, Matteo Pastorino, Guillaume de Chassy
"X" de Fred Pallem & Le Sacre du Tympan
"Hysteria" de Indigo Sparke
"Rêve bohémien" de Jérémy Dutheil & Solal Poux Quartet
"Blood harmony" de Larkin Poe
"Pour Clarisse" est la 10eme émission à écouter de la saison 4 de Listen In Bed
"Même si" de Olivier Triboulois
"Pourquoi" de Philip Catherine, Paulo Morello et Sven Faller
et toujours :
"Alpha zulu" de Phoenix
"Born in chaos" de Absurd Heroes
"Le monde d'après" de ALT (Alix Logiaco Trio)
"Le ciel est partout" de Blaubird
"Gainsbourg" de Brussels Jazz Orchestra & Camille Bertault
"Se taire et écouter" de Daniel Jea
"Constellation" de David Bressat
"The cage and the crown : chapter 1" de Headkeyz
"Promenade oblique" l'émission à écouter signée Listen In Bed
"Deep marks" de Mind Affect
"Chant contre champ" de Naudin
"Karma police" de Théo Cormier

Au théâtre :

les nouveautés de la semaine :
"Pièce sans acteur(s) au Monfort Théâtre
"Carnet de la dernière pluie" au Théâtre du Rond-Point
"Toute l'Histoire de la peinture moderne en moins de deux heures" au Théâtre Le 13ème Art
"Farf is a..." au Théâtre Les Déchargeurs
"Gretel, Hansen et les autres" au Théâtre de la Colline
"Peer Gynt" au Lavoir Moderne Parisien
"Les 7 nuits d'une reine" au Théâtre de l'Epée de Bois
"Exil intérieur" au Théâtre de la Reine Blanche
"3clowns" au Théâtre Trévise
"Je ne suis pas de moi" au Théâtre Le Lucernaire
les reprises :
"Il n'y a pas d'Ajar" au Théâtre du Rond-Point
"Les Soeurs Papilles" au théâtre Le Lucernaire
"Je ne cours pas je vole" au Théatre du Rond-Point
et les spectacles déjà à l'affiche

Expositions :

"Sur les routes de Samarcande - Merveilles de soie et d'or" à l'Institut du Monde Arabe"
"Arts et Préhistoire" au Musée de l'Homme
et les expositions à l'affiche

Cinéma :

en salle :
"Kanun, la loi du sang" de Jérémy Guez
en streaming gratuit :
"L'été où mon père disparut" de Hans Petter Moland
"Crooked Lines" de Rita Nunes
"Ema" de Pablo Larraín
"Hyperland" de Mario Sixtus
et le cinéma de Wim Wenders en 5 films

Lecture avec :

"Faites un voeu" de Jakula Alikavazovic
"Je bande donc je suis" de Sainte Paluche
"Patricia Mazuy, l'échappée sauvage" de Gabriela Trujillo, Séverine Rocaboy & Quentin Mével
"Sans un bruit" de Paul Cleave
et toujours :
"L'histoire de l'hiver qui ne voulait jamais finir" de Shane Jones
"Black Bird" de James Keene & Hillel Levin

Et toute la semaine des émissions en direct et en replay sur notre chaine TWITCH

Bonne lecture, bonne culture, et à la semaine prochaine.

           
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