Musique sep Théâtre sep Expos sep Cinéma sep Lecture sep Bien Vivre
  Galerie Photos sep Nos Podcasts sep Twitch
 
recherche
recherche
Activer la recherche avancée
Accueil
 
puce puce
puce Festival International de Benicàssim #17 (samedi 16 juillet 2011)
Los Ginkas - Smile - Tame Impala - Spectrals - Lori Meyers - Mumford & Sons - Beirut - Arctic Monkeys - Primal Scream  (Benicàssim)  samedi 16 juillet 2011

Il aura fallu deux jours de chauffe pour que je rentre enfin dans l’ambiance et que je passe en mode festivalier. C’est donc l’esprit reposé par une paisible journée ensoleillée en bord de mer que j’entame cette troisième soirée qui s’annonce prometteuse.

Rien de tel pour commencer les festivités que ce concert de Los Ginkas ! Ces Pipettes à la mode Espagnole (même look, même chorégraphies minimalistes, même chansons légères) ne se prennent pas la tête, mais font dodeliner les nôtres. Sous un soleil de plomb, le groupe enchaîne sans souffler leurs pépites pop colorées. Ils n’ont que 30 minutes et profitent de l’occasion pour caser un maximum de titres, du coup, on se croirait un peu à l’usine et cela manque d’échanges mais leur rockabilly est une parfaite entrée en matière pour la suite.

La suite justement se situe du côté de la scène Fib Club avec Smile. Le groupe Suédois rappelle vaguement les Levellers (vocalement) et Lloyd Cole, soit une Country rock sympathique, sans plus.

Je préfère me rabattre sur Tame Impala qui a les honneurs de la Maravillas. Leur titre planant "Solitude Is Bliss" m’avait fortement donné envie d’en entendre davantage en live. Et je dois avouer que je n’ai pas été déçu : ces jeunes Australiens ne s’en laissent pas compter et font preuve d’une maîtrise impressionnante. Leur rock psychédélique bien barré évoque immanquablement le Floyd des débuts mais on y croise aussi Brian Jonestown Massacre ou Death In Vegas. De louables influences qui se mêlent pour produire des morceaux à rallonge, à la structure complexe et imprévisible. Tant de talent à cet âge, c’est écoeurant ! Le "Skeleton Tiger" final nous noie sous un déluge interminable de guitares et de nappes dont on ressort un peu sonné… A suivre de très près !

Histoire de récupérer, je prête juste une oreille, en mangeant un sandwich, aux Anglais de Spectrals (dont le chanteur ressemble à celui de Simply Red… c’est à peu près tout ce que j’en ai retenu !) avant de revenir vers les mystérieux Lori Meyers dont j’entends parler depuis le début du festival et dont le nom est arboré fièrement par toute la jeunesse Espagnole. C’est manifestement des stars ici et le public a répondu présent massivement (je pense qu’on doit frôler les 90% de locaux. Vu la réduction des jets de bières intempestifs, les Anglais ont dû prolonger leur baignade). Passée l’idolâtrie primaire (et l’engouement impressionnant !), côté musique, c’est du rock variétoche et l’animation est davantage dans le public que sur scène. Le tout est agrémenté de quelques clips qui fleurent bon l’auto-promotion, mettant en scène les membres du groupe dans d’improbables courses poursuites. Bref, j’observe tout ça avec pas mal de recul.

C’est l’heure de la révélation Mumford & Sons. L’an passé, je dois dire que leur concert m’avait laissé indifférent. Ce coup-ci, j’ai été happé dès les premières notes ("Sigh No More") par leur folk débridée. L’enchaînement avec le tube "Little Lion Man" est parfait, tout comme l’acoustique (guitares sèches, violoncelle). Le choix des titres (piochés à parts égales dans leurs deux albums) est judicieux, le tout est sobre mais efficace. L’élégant "The Cave" vient clôturer une intéressante prestation.

Tout cela m’a mis en appétit pour le concert suivant que j’attends avec impatience. C’est l’heure de Beirut, l’anti-Strokes ? Le concert va en effet être diamétralement opposé à celui de la veille ; certes les styles ne sont pas comparables, mais les attitudes non plus ! Le groupe apparaît complètement soudé et Zach Condon ne se met absolument pas en avant. Le public en effervescence frémit de plaisir : le show est humain, sincère, émouvant, bouleversant. Les tubes se succèdent, portés par des musiciens talentueux et c’est un vrai bonheur d’entendre en live "Postcards from Italy", "Nantes", "Mount Wroclai"…

L’aberration de la programmation entraîne comme souvent des décisions difficiles ; ici, il s’agit de se décider entre suivre la fin du concert ou ne pas rater le début de celui des Arctic Monkeys. Si mon choix est rapide, une bonne partie du public quitte les lieux pour se diriger vers la grande scène. Ce surcroît d’intimité est finalement plutôt bénéfique et même si le son est un peu faible (il a parfois du mal à couvrir la grosse artillerie des Monkeys) et souffre d’une basse trop présente, les conditions (sous un ciel étoilé et éclairé par une magnifique pleine lune) sont idylliques.

C’est la tête pleine d’harmonies, de trompettes et d’accordéon que je tente de rejoindre le concert des Arctic Monkeys. Transition trop difficile ? En tous cas, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dedans (au propre comme au figuré, tant la foule est dense) malgré un set électrique et vivant. Toujours ce manque de charisme qui devient pesant à la longue. Je crois qu’avec l’âge je deviens difficile ! Rien à dire pourtant sur la réalisation : tout est propre, carré, énergique. Mais la mayonnaise ne prend pas vraiment même si on y croit sur quelques envolées (les bons vieux "I Bet You Look Good on the Dancefloor" ou "Brainstorm"). Je m’aperçois en fait que j’ai un peu décroché depuis les deux premiers albums, peu joués ce soir. Ceci explique peut-être cela. Le show s’achève sur un sobre "505" qui ne me convainc pas, je reste un peu sur ma faim.

Je commence à ressentir un peu de lassitude alors que se profile le concert de Primal Scream qui joue leur mythique Screamadelica dans son intégralité (1991, le temps passe…), comme c’est devenu la mode (Belle and Sebastian, Low, Sonic Youth, les Pixies ou The Charlatans se sont déjà prêtés à l’exercice avec leurs œuvres majeures ces dernières années).

Pour ma part, je dois honteusement reconnaître que j’ai découvert Screamadelica sur le tard. Et malgré une piqûre de rappel sur la route me menant au festival, je n’ai jamais été transcendé ni par le groupe, ni par l’album (excepté l’atomique Loaded, bien entendu).

Et bien j’ai pris une claque énorme ! Encore plus énorme qu’elle m’a frappé par surprise ! De celles qui vous font prendre conscience que vous vivez un moment unique. La prestation a été irréprochable, magique. Dès les premiers notes (le démentiel "Movin’ On Up"), j’ai dû abandonner les gradins tant il était impossible de résister à l’appel de Bobby et de sa bande. L’album a été littéralement sublimé par un groupe au sommet de son art. Bobby Gillespie tout d’abord, vêtu d’une improbable veste à paillettes, se déhanche sans compter, la voix miraculeusement intacte après toutes ces années d’excès ("Higher Than the Sun" est approprié !). Les musiciens sont au diapason : discrets mais efficaces, proposant des versions modernes des titres sans en trahir l’esprit. Une prouesse. Enfin, la chanteuse assurant les chœurs est tout bonnement formidable.

Un grand moment, une transe collective partagée par un public en liesse. A la fin du concert, Bobby manifestement ravi de l’accueil et de la prestation s’offre un bain de foule et serre des mains, façon Rock Star.

Et c’est le sourire jusqu’aux oreilles que l’on peut partir se coucher, en se disant qu’on vient de vivre quelque chose de rare, qui a lui seul justifie amplement le déplacement. Une fois de plus, les Anciens ont remis les pendules à l’heure.

 

A lire aussi sur Froggy's Delight :

La chronique de l'album Kadavar - Pond - My Morning Jacket - Last Train - Hot Chip - Here we go magic - Tame Impala de Festival Rock en Seine 2015 - Dimanche 30 août
Tame Impala en concert au Festival Pukkelpop 2010 (jeudi 19 août 2010)
Tame Impala en concert au Festival Les Eurockéennes de Belfort #25 (2013) - Dimanche
Tame Impala en concert au Festival Rock en Seine 2013 (vendredi 23 août 2013)
Tame Impala en concert au Festival La Route du Rock #23 (Samedi 17 août 2013)
Tame Impala en concert au Festival La Route du Rock #29 (édition 2019)
Tame Impala en concert au Festival La Route du Rock #29 (édition 2019) - Jeudi 15
La chronique de l'album Bad Penny de Spectrals
Lori Meyers en concert au Festival International Benicàssim 2008
La chronique de l'album Sigh no more de Mumford & sons
Mumford & Sons en concert au Grand Mix (mardi 20 avril 2010)
Mumford & Sons en concert au Festival International de Benicàssim #16 (vendredi 16 juillet 2010)
La chronique de l'album Gulag Orkestra de Beirut
Beirut parmi une sélection de singles (janvier 2007)
La chronique de l'album Gallipoli de Beirut
Articles : Festival Rock en Seine 2010 - Programmation du dimanche - Wallis Bird - The Temper Trap - Success - The Black Angels
Beirut en concert au Festival Primavera sound 2007 (vendredi)
Beirut en concert au Festival des Inrocks Motorola 2007
Beirut en concert au Festival Rock en Seine 2010 (dimanche 29 août 2010)
Beirut en concert au Festival We Love Green #2 (édition 2012)
Beirut en concert au Festival We Love Green #2 (édition 2012) - Samedi 15 septembre
Beirut en concert au Festival Beauregard #8 (édition 2016) - dimanche 3 juillet
La chronique de l'album Whatever people say I am, that's what I'm not de Arctic Monkeys
La chronique de l'album Who the fuck are Arctic Monkeys? de Arctic Monkeys
La chronique de l'album Humbug de Arctic Monkeys
Arctic Monkeys en concert au Festival Le Printemps de Bourges 2006 (samedi)
Arctic Monkeys en concert au Zénith (vendredi 6 novembre 2009)
Arctic Monkeys en concert à Casino de Paris (mardi 31 janvier 2012)
Arctic Monkeys en concert au Festival Les Vieilles Charrues 2014 - Samedi
Arctic Monkeys en concert au Festival Rock en Seine 2014 (vendredi 22 août 2014)
Arctic Monkeys en concert au Festival Rock en Seine 2014
La chronique de l'album Chaosmosis de Primal Scream
Articles : Festival International de Benicàssim 2011 - Ice cream et Primal Scream sur la plage
Primal Scream en concert au Festival Les Trans 2005 (Vendredi)
Primal Scream en concert au Festival de Dour 2006 (jeudi)
Primal Scream en concert au Festival Summercase 2008 (vendredi)

En savoir plus :
Le site officiel du Festival International de Benicàssim
Le Myspace du Festival International de Benicàssim

Crédits photos : Franck Batalla


LaBat’         
deco
Nouveau Actualités Voir aussi Contact
deco
decodeco

• Edition du 2023-01-29 :
Billy Nomates - Cacti
Listen in Bed - Les dix chansons préférées de Maxime Chamoux (Pharaon de Winter) (émission 16 saison 4)
Maria Milstein, Phion Orchestra & Otto Tausk - Prokofiev Violins Concertos
Paddang - Skopitone Sisko - Madam - Gliz - Dropdead Chaos - Ni Vus Ni Connus
Isabelle Durin & Michaël Ertzscheid - Un violon dans l'histoire
Louis-Noël Bestion de Camboulas & Ensemble Les Surprises - An Unexpected Mozart
Quatuor Van Kuijk - Mendelssohn : Complete String Quartets Vol.1
Guilhem Fabre - Bach / Rachmaninov
-Bat- - Quadrachromie

• Edition du 2023-01-22 :
Listen in Bed - Daisy (émission 15 saison 4)
La Mare Aux Grenouilles #59 - Talk Show Culturel
Haylen - Archie Deep - Le Grand Mal - Rivière - Treponem Pal - Ni Vus Ni Connus
Patrick Burgan - Peter Pan ou la véritable histoire de Wendy Moira Angela Darling
Isil Bengi - Agni Kunda
Mojo Sapiens - Empire of Dust
Gaz Coombes - Turn the car around
Gaspard Guerre - Translation Mao
Sker - Insomnia EP
Cancre - Tout s'efface
Fabrizio Chiovetta - Schumann
 

• Archives :
Listen in Bed - C'est la vie qui veut ça (émission 14 saison 4)
Lunt - Remember we were waiting for the snow
Julie Cherrier-Hoffmann, Lucienne Renaudin Vary, Pierre Arditi, Frédéric Chaslin & Arièle Butaux - Rendez-vous
Muyiwa Kunnuji's Osemako - A.P.P. (Accumulation of Profit & Power)
Sun - Brutal Pop II EP
Augenwasser - The Big Swin
Monsieur Lune - Écrans Plats
Not Scientists - Bilbao Kung-Fu - Grandma's Ashes - Paradis Minuit - Ni Vus Ni Connus
Nicolas Jules - Carnaval Sauvage
Listen in Bed - The fine print (Euphoria) (émission 13 saison 4)
La Pietà - Interview
Stan Mathis - 57.75
Emmanuel Borghi Trio - Watering the good things
Nathan Roche - A Break Away
Maîtrise des Bouches du Rhône - Asmarä Choeur de chambre - Requiem de Fauré - Poulenc - Henric
Shijin - Playful
Quatuor Psophos - Haydn - Opus 54
Les Lullies - Dernier soir
La Mare Aux Grenouilles Spéciale 2022 - Talk Show Culturel
44èmes Rencontres Trans Musicales de Rennes - Les Trans 2022 - Astéréotypie - Dalle Béton - Sarakiniko - Vicky Veryno - Grace Cummings
Listen in Bed - Les dix chansons préférées de Midget! (émission 12 saison 4)
Magdalena Geka & Kishin Nagai - Béla Bartók : Sonatas & Rhapsodies For Violin And Piano
Banjo Metal Nation - Resonator
Frank Rabeyrolles - Boat Songs
Magon - Enter by the narrow gate
Band of Dogs - Vol III.
Bonkers Crew - Coco Chérie
Freak It Out - Re:[activate]
Listen in Bed - Les dix chansons préférées de Thomas VDB (émission 11 saison 4)
Houle - Houle EP
- les derniers albums (7029)
- les derniers articles (320)
- les derniers concerts (2360)
- les derniers expos (5)
- les derniers films (20)
- les derniers interviews (1119)
- les derniers livres (8)
- les derniers oldies (20)
- les derniers spectacles (8)
           
twitch.com/froggysdelight | www.tasteofindie.com   bleu rouge vert métal
 
© froggy's delight 2008
Recherche Avancée Fermer la fenêtre
Rechercher
par mots clés :
Titres  Chroniques
  0 résultat(s) trouvé(s)

Album=Concert=Interview=Oldies but Goodies= Livre=Dossier=Spectacle=Film=