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Matthieu Rozé    (mars 2022) 

Réalisé par Matthieu Rozé. France. Comédie dramatique. 1h40 (Sortie 30 mars 2022 - 1ère sortie 1952). Avec Valérie Donzelli, Thomas Scimeca, Florence Loiret Caille, Maya Sansa, Yannick Choirat et Rose Timbert.

Marguerite Duras a écrit "Les petits chevaux de Tarquinia" en 1953. Juste après "Un barrage contre le Pacifique" et "Le Marin de Gibraltar". Soixante-dix ans après, le comédien Mathieu Rozé, pour sa première réalisation, a décidé de l'adapter à l'écran

Le pari semblait audacieux d'autant que le néo-cinéaste a pris le parti d'en moderniser l'histoire et de la situer aujourd'hui.

En changeant le titre du roman en "Azuro", il a aussi fait preuve d'une grande radicalité puisqu'il affirme d'emblée que le livre de Marguerite Duras peut fournir un parfait film de vacances où ne manquerait que la voix de Gainsbourg en train de susurrer 'Sea, sex and sun".

Pour cela, il a aussi joué astucieusement sur les couleurs et la photographie de Georges Lechaptois a particulièrement insisté sur les bleus, les rouges et les jaunes. Nageant ou allongés, menacés par le feu, les corps oscillent entre la fraîcheur et la chaleur. Tout est torpeur, langueur et désirs moites, dans cette symphonie de couleurs vives.

Sara (Valérie Donzelli), mère de l'enfant et remariée à Pierre (Yannick Choirat), ne l'a jamais trompé. Dans ce contexte où la chaleur vient à bout de la raison, succombera-t-elle à cet homme mystérieux, ce marin à la beauté méditerranéenne et au bateau à la blancheur immaculée ? Troublée, Sara a devant elle l'exemple de Vadim (Thomas Scimeca) et de Gina (Maya Sansa) dont le couple est déjà sur une phase plus avancée de décomposition.

"Azuro" pourrait être le sujet des livres que les uns et les autres lisent sur la plage. A la différence que Marguerite Duras n'explique pas tout comme dans ces romans qu'on lit sur la plage. Au contraire, elle introduit des personnages qui perturbent le récit, qu'il s'agisse de l'Enfant ou de l'Homme, tous les deux privés de prénoms, ce qui ajoute à leur singularité.

Comme le personnage du "Marin de Gibraltar", ce sont des mythes en puissance, des mythes en train de se construire sur des lieux jadis parcourus par les héros antiques. Ce qu'ils vont accomplir restera dans la mémoire des autres, qui se les transmettront de génération en génération, quitte à en transformer le récit historique avant qu'il acquiert définitivement une dimension mythique.

Si tout suggère qu'on n'est pas loin de l'atmosphère de vrais films de vacances, ceux de Pascal Thomas par exemple, l'air est cependant durasien avec cet envolée vers un ailleurs légendaire.

Quand on lit "Les Petits chevaux de Tarquinia", on se rend à l'évidence la langue proposée est assez proche de celle qu'utilisera plus tardivement Marguerite dans ses romans et ses pièces les plus célèbres. Cependant, Mathieu Rozé évite au possible son "parler" caractéristique et aucun des acteurs n'approche de la diction d'un Michael Lonsdale ou d'une Bulle Ogier.

Au contraire, les dialogues - quoi qu'assez fidèles à ceux imaginés par l'auteure du "Ravissement de Lol V. Stein") - sont dits sans chercher autre chose que le naturel. Mérite en revient à une excellente distribution.

"Azuro" de Mathieu Rozé est donc une adaptation très habile de Duras, à la fois fidèle à son modèle tout en ayant trouvé le moyen de le rendre contemporain. Certains croiront qu'on s'est beaucoup éloigné de l'original, qu'on en a fait une œuvre moins baroque et plus trivialement minimaliste. Il n'en est rien.

On sera sous le charme ensoleillé de cette simple histoire de couples en vacances tout en percevant les échos déconstruits de sa base théorique "nouveau roman". Dès lors, on risque fort d'avoir envie de lire ou de relire "Les petits cheveux de Tarquinia". On s'apercevra ainsi qu'il s'agit d'un des meilleurs Duras et que le film en constitue une excellente bande-annonce.

 

Philippe Person         
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