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Barbet Schroeder  (novembre 2023) 

Film documentaire réalisé par Barbet Schroeder. France/Suisse. Thriller. 1h46 (Sortie 15 novembre 2023).

On va profiter de la sortie de ce beau documentaire sur le peintre Ricardo Cavallo pour rendre hommage à un cinéaste qui est derrière sa caméra depuis presque 55 ans, alternant fictions et essais documentaires ne laissant jamais indifférents, porteur de sujets très forts sur les addictions et de portraits d'hommes singuliers, d'Idi Amin Dada à maître Vergès. Passionné par tout ce qui pousse au manichéisme pour justement ne pas y sombrer (qu'on se souvienne du "Mystère von Bulow" ou de "La Vierge des Tueurs"), Barbet a l'âge de 83 ans s'autorise -enfin- un film apaisé, contemplatif et va faire découvrir à ses spectateurs un peintre qui, lui aussi, par l'aura humaniste qu'il dégage, est un être exceptionnel.

Cadet d'une quinzaine d'années du cinéaste, le peintre n'en est pas moins depuis 1982 l'un de ses grands amis. C'est par l'intermédiaire d'un grand collectionneur, Carl Finker, que la rencontre se fera.

Ricardo est en France depuis 1976, ayant quitté l'Argentine en proie à une des pires dictatures militaires de son histoire. A Paris, en 1977, il est élève de l'Ecole des Beaux-arts. Il habite une dizaine d'années à Neuilly avant de s'installer en Bretagne. Cet homme discret et méthodique invente une manière de peindre en fragmentant ses tableaux monumentaux pour pouvoir les réaliser dans un appartement bien loin d'avoir la taille d'un atelier classique, et aussi de pouvoir peindre en plein air, in situ, dans les rudes décors maritimes qui entourent son village d'adoption, Saint-Jean-du-Doigt.

En suivant pas à pas Ricardo longeant la mer pour trouver l'endroit idéal pour peindre ce qu'il veut peindre, et en le filmant, Barbet Schroeder emmène ses spectateurs vers un monde de beauté et de bonheur, bien loin de l'agitation de la plupart de ses films.

En 2014, il lui avait déjà consacré un court-métrage. Cette fois-ci, le cinéaste va pouvoir prendre son temps, montrer ce qu'il peint et comment il le peint. Il ne va pas négliger son travail pédagogique avec les enfants du village.

On aura même le droit à un petit parcours Delacroix, le peintre préféré de Ricardo Cavallo, avec un arrêt sublime au Louvre, devant "La Mort de Sardanapale", et à Saint Sulpice devant les fresques peintes par l'artiste français. Ce qu'en dit Ricardo est une merveille de commentaire. On ne peut qu'être un grand peintre quand on résume aussi bien le génie d'un autre grand peintre.

Et l'on n'oubliera pas de signaler l'admirable photo de "Ricardo et la peinture", œuvre de Victoria Clay Mendoza qui a suivi Barbet depuis quelques années, notamment sur "Le Vénérable W", un documentaire presque antithétique de "Ricardo et la peinture".

Peut-être qu'à l'ère où la peinture a perdu tous ses grands noms, et n'a plus de boussole pour en trouver de nouveaux, certains douteront de l'intérêt de la peinture de Ricardo Cavallo. Pourtant, ce qu'en montre son ami définit un artiste se servant du réel pour obtenir une peinture totalement intérieure. Ces paysages en "cinémascope" dépassent l'anecdote et on sent que le regard de celui qui les a peint construit avec tranquillité une vision de ce qu'il espérerait être le monde.

"Ricardo et la peinture" de Barbet Schroeder est un documentaire captivant qui redonne un peu d'allant au moment où tant de choses semblent vouloir en priver tous les hommes de bonne volonté. On aurait presque envie que Barbet Schroeder achève ici sa production cinématographique. "Ricardo et la peinture" pourrait alors être un des plus beaux derniers films de l'histoire du cinéma.

 

 

Philippe Person         
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